La présidente du Syndicat de l’enseignement de l’Outaouais, Suzanne Tremblay

«Lueur d’espoir» pour les enseignants

La possibilité que le double horaire à l’école secondaire de l’Île ne s’étende pas sur toute l’année « donne une lueur d’espoir » aux enseignants touchés par le chambardement découlant de cette mesure.

Tout en soulignant l’espoir suscité par un éventuel transfert des activités de l’école secondaire Mont-Bleu vers le Centre Asticou, la présidente du Syndicat de l’enseignement de l’Outaouais, Suzanne Tremblay, note qu’une telle avenue représenterait tout de même un défi supplémentaire pour bien accompagner les élèves de Mont-Bleu.

Ces derniers vivraient un deuxième transfert en quelques mois. Sans compter que certains ont été directement touchés, chez eux, par la tornade ayant frappé le quartier.

« Les professeurs vont tout mettre en œuvre pour les accompagner et les aider, souligne Mme Tremblay. Ce sont des professionnels, il faut leur faire confiance. Mais pour les élèves, il va falloir qu’on mette les ressources nécessaires en place, que la CSPO réponde aux besoins. »

Certains élèves en difficulté pourraient par exemple avoir besoin de voir un orthopédagogue plus souvent, illustre Mme Tremblay, tandis que d’autres pourraient avoir besoin de soutien psychologique pour affronter tous ces bouleversements.

Transfert de fonctionnaires

Le transfert des activités de Mont-Bleu vers le Centre Asticou nécessiterait aussi le déménagement de fonctionnaires fédéraux qui sont installés dans ce qui était autrefois la Polyvalente de Hull.

Au Syndicat de l’agriculture, qui représente notamment les employés de la Défense nationale et de l’École de la fonction publique du Canada travaillant au Centre Asticou, le président national, Fabien Murphy, a indiqué jeudi ne pas avoir été informé des démarches en cours dans le dossier Mont-Bleu.

« Nous n’avons pas été contactés, nous n’avons eu aucune discussion au sujet de ce plan », a fait savoir M. Murphy.

Le syndicat, qui fait partie de l’Alliance de la fonction publique du Canada, tentera d’obtenir davantage de détails sur un éventuel transfert d’employés pour laisser de la place à Mont-Bleu. Se disant sensible aux besoins des élèves, M. Murphy affirme que si le transfert vers Asticou « s’avère être la meilleure solution », le syndicat évaluera, avec les employeurs et ses membres, comment la transition peut se faire en douceur.

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LA « RICHESSE » DE L'ÉCOLE PUBLIQUE SOULIGNÉE

Le Syndicat de l’enseignement de l’Outaouais (SEO) espère que le gouvernement caquiste de François Legault fera de l’école publique sa priorité en assurant «la pérennité» du financement accordé au réseau.

À titre de porte-parole de la Semaine pour l’école publique, l’humoriste Philippe Laprise s’est arrêté en Outaouais, jeudi, pour rencontrer les élèves et le personnel de l’école secondaire du Versant. Sa visite dans la région se poursuivra vendredi avant-midi, à l’école primaire La Source du secteur Gatineau.

La présidente du Syndicat de l’enseignement de l’Outaouais, (SEO), Suzanne Tremblay, souhaite que la population voie l’école publique comme étant «la plus grande richesse» du Québec.

Alors que les électeurs viennent de choisir la Coalition avenir Québec (CAQ) pour diriger la province pour les quatre prochaines années, Mme Tremblay souhaite que le réseau scolaire public devienne «la priorité» du gouvernement.

«Il faut assurer la pérennité du financement, que les écoles publiques ne subissent plus l’austérité, dit-elle. […] Il faut aussi valoriser le travail des enseignants, et c’est ça qu’on veut montrer cette semaine, tout le travail qui se fait dans nos écoles. M. Legault a dit qu’il allait soutenir les élèves en difficulté, et c’est important que ces paroles-là soient maintenues. On va laisser la chance à M. Legault, mais ce qu’on lui demande, c’est d’être à l’écoute des gens sur le terrain, des professeurs.»

Le dossier de l’implantation à grande échelle de la maternelle à quatre ans - promise par la CAQ - sera aussi suivi avec attention par le SEO.

«Il y a d’abord une pénurie d’enseignants, mais il y a aussi la question du manque de classes», souligne Mme Tremblay, en précisant que la Fédération autonome de l’enseignement a toujours vu la maternelle à quatre ans comme étant un service complémentaire, en milieu défavorisé, aux centres de la petite enfance.