Sam Hammond, président de la Fédération de l’élémentaire

Les enseignants du primaire en Ontario donnent un mandat de grève

TORONTO — Les enseignants du primaire en Ontario ont voté à 98 % en faveur d’une grève à déclencher au moment jugé opportun.

La Fédération des enseignantes et des enseignants de l’élémentaire de l’Ontario, qui représente 83 000 membres, a demandé la conciliation le mois dernier, affirmant que les négociations avec le gouvernement progressiste-conservateur de Doug Ford étaient pratiquement au point mort.

Les enseignants du secondaire et du réseau catholique anglophone tiennent eux aussi présentement des votes de grève, dont les résultats sont attendus d’ici deux semaines. Une grève de 55 000 travailleurs de l’éducation— aides-enseignants, préposés à l’entretien, éducateurs de la petite enfance, préposés à l’alimentation, etc. — avait été évitée à la dernière minute, le 6 octobre, lorsque le gouvernement a conclu une entente de principe avec le Syndicat canadien de la fonction publique.

Cette ronde de négociations est particulièrement tendue avec le gouvernement Ford, qui tente d’imposer des plafonds aux augmentations de salaire pour les travailleurs du secteur public et de hausser le nombre d’élèves par classe, ce qui se traduirait par des milliers d’enseignants en moins dans le système.

Selon Sam Hammond, président de la Fédération de l’élémentaire, le gouvernement a déclaré au syndicat qu’il souhaitait réduire le coût de cette convention collective de 150 millions $.

Les principaux syndicats de l’éducation critiquent l’orientation générale prise par le gouvernement Ford depuis son arrivée au pouvoir l’année dernière, notamment en ce qui concerne l’augmentation du nombre d’élèves des classes du secondaire, de 22 à 28 en moyenne, et le nombre d’élèves par classes de la 4e à la 8e année, de 23 à 24. Ces augmentations du nombre d’élèves par classe sur quatre ans signifieraient la perte de 10 000 emplois, bien que le ministre de l’Éducation, Stephen Lecce, ait récemment annoncé qu’il avait proposé aux enseignants du secondaire d’augmenter à 25, plutôt qu’à 28, le nombre d’élèves par classe.

Le syndicat des enseignants du secondaire qualifie cette proposition de «pilule empoisonnée», car l’offre signifierait également que les limites locales de taille des classes seraient supprimées, ce qui permettrait essentiellement d’augmenter indéfiniment le nombre d’élèves par classe.