Des membres du Syndicat des travailleurs(euses) en centre de la petite enfance de l’Outaouais ont manifesté au coin des boulevards Saint-Joseph et Saint-Raymond, lundi matin.

Les éducatrices se font entendre

La température ressentie avoisinant les -20 degrés Celsius n’a pas empêché les syndiqués de 17 centres de la petite enfance (CPE) de l’Outaouais d’ériger des piquets de grève, lundi matin, pour le premier de quatre jours consécutifs de débrayage.

Pendant que les stationnements des CPE concernés étaient vides, des dizaines de syndiqués occupaient les abords de l’une des intersections les plus achalandées de Gatineau, au coin des boulevards Saint-Joseph et Saint-Raymond.

Les membres du Syndicat des travailleurs(euses) en centre de la petite enfance de l’Outaouais (STCPEO-CSN) oeuvrant dans différentes installations du secteur Hull ont choisi de se réunir à cet endroit pour obtenir plus de visibilité auprès de la population. « On veut se faire entendre et faire réaliser aux gens qu’on est là », a mentionné Eve-Andrée Rioux, qui participe aux négociations locales.

Ces négociations locales achoppent entre autres sur la durée de travail, les pauses et le choix des horaires de travail.

« On veut maintenir ce qu’on a déjà comme conditions de travail, a indiqué Mme Rioux. Moi, j’ai peur qu’on retourne 20 ans en arrière et que l’enfant soit plogué devant une télé pendant que l’éducatrice lave les planchers et s’occupe de désinfecter les jouets en commençant à faire la vaisselle. »

Des séances de négociations sont à l’horaire en fin de semaine. Entre-temps, les syndiqués se réuniront mercredi pour décider de la suite des choses, car au terme de la présente série de quatre jours de grève, la banque de six jours sera épuisée. « On va avoir une rencontre pour savoir ce que les éducateurs et éducatrices décideront ensemble. Est-ce qu’on continue ? Est-ce qu’on va vers un mandat de grève illimitée ? Ça se pourrait », a mentionné Mme Rioux.

Dans une lettre envoyée vendredi aux parents concernés, l’Association patronale des centres de la petite enfance syndiqués de l’Outaouais (APCPESO) qualifie la grève de « malveillante et inutile ».

La partie patronale, qui affirme que « le syndicat est insensible aux effets d’une grève sur les parents », soutient que la question des horaires à la pouponnière n’est pas en litige dans la majorité des 17 CPE.

« Le motif réel de cette grève n’est donc pas lié aux conditions de travail, écrit l’APCPESO. [...] Tout au long de nos discussions, la mauvaise foi du syndicat était manifeste et nous avons rapidement compris qu’il ne désirait aucunement trouver des terrains d’entente. Au surplus, les porte-paroles syndicaux manquent d’expérience, manquent de préparation, sont craintifs et ne comprennent pas l’organisation du travail en CPE. »