Les collèges et universités ontariens font de l'oeil aux Africains

Les établissements postsecondaires de l'Ontario français poursuivent leur opération de charme auprès des pays africains: pendant près de trois semaines en janvier, représentants des collèges et universités francophones et bilingues de la province ont sillonné l'Afrique pour faire le plein d'étudiants étrangers.
C'est le nouvel eldorado, pour les établissements postsecondaires occidentaux. En 2010, les étudiants internationaux auraient injecté plus de 7,7 milliards de dollars dans l'économie canadienne.
Alors que les inscriptions d'étudiants ontariens et québécois se stabilisent, les maisons d'enseignement franco-ontariennes misent de plus en plus sur l'arrivée d'étudiants étrangers pour garnir les banquettes de l'université... et ses coffres.
Plus récent exemple: cette tournée de près de trois semaines à laquelle a participé une douzaine de délégués de l'Ontario français, en janvier. Du Gabon au Mali, en passant par la Côte d'Ivoire, le Burkina Faso, le Sénégal ou encore le Cameroun, les maisons d'enseignement franco-ontariennes rivalisent de créativité pour attirer.
«Cette mission offre des occasions inestimables de rejoindre des milliers d'étudiants internationaux potentiels de langue française et d'établir les contacts nécessaires au développement d'une stratégie efficace de marketing et de recrutement international pour les étudiants francophones», soutient Linda Mackay, porte-parole du ministère de la Formation et des Collèges et Universités (MFCU).
Outre le MFCU, la délégation comprenait aussi des représentants des collèges La Cité et Boréal, de l'Université de Guelph - Campus d'Alfred et des universités d'Ottawa, Saint-Paul, Laurentienne et Hearst, ainsi que du collège universitaire Glendon de l'Université York.
20000$ pour l'Ud'O
L'Université d'Ottawa a consacré près de 20000$ pour envoyer deux employés participer aux salons. La plupart des établissements ont envoyé un ou deux représentants.
Chaque collège ou université devait couvrir, en plus du salaire de son personnel, les frais de déplacement et d'hébergements, ainsi que les frais d'inscription aux différents salons, qui variaient de 1000à 2000$ chacun. Coût moyen de la facture d'inscription: 9000$ par établissement.
Le jeu en vaut la chandelle, soutient Mona Fortier, de La Cité. «Cela répond aux exigences du gouvernement ontarien, qui veut augmenter le nombre d'étudiants internationaux. Cela nous permet aussi d'augmenter la clientèle étudiante. Depuis cinq ans, le nombre d'étudiants étrangers est passé de 26 étudiants à 140.»
Des efforts ici aussi
Tout en saluant l'initiative, certains, comme le Regroupement étudiant franco-ontarien (REFO), soulignent l'importance d'allouer ressources et énergie pour recruter ici même, en Ontario.
Bon an mal an, seule un peu plus de la moitié (56%) des jeunes francophones se dirigent vers des programmes dans leur langue.
Alain Malette, du Service du registraire de l'Université d'Ottawa, assure que l'établissement fait tout en son possible afin d'inciter les Franco-Ontariens à étudier en français. «On a deux personnes à temps plein pour le recrutement francophone en Ontario, qui visitent chacune des 90 écoles secondaires francophones de l'Ontario à plusieurs reprises par année», explique-t-il.