Miko Poulin et Leland Harper sont surdoués et l’astronomie est un sujet qui les garde stimulés.

Leland, 4 ans, et Miko, 10 ans: deux surdoués cosmiques

Leland s’intéresse aux exoplanètes, ces planètes qui sont hors de notre système solaire, il a tout juste 4 ans. Puis Miko, qui compte 10 bougies, sait tout ce qu’il y a à savoir sur la physique quantique.

C’est que Leland et Miko sont surdoués. Leland qui doit entrer à la maternelle dans deux ans sait déjà tout ce qu’on y apprend, et bien plus. Puis Miko termine cette année ses mathématiques de deuxième secondaire, puis son anglais de cinquième secondaire.

«Pour Leland, ça a commencé à 18 mois, il pointait toujours la Lune. Il voulait connaître toutes les planètes et quand il avait deux ans, il les connaissait déjà toutes. Après ça, à deux ans et demi, il connaissait toutes les lunes de chaque planète. C’est pour ça qu’il est rendu en dehors du système solaire. Une fois que le sujet est appris, c’est au prochain. Si on lui pose trop souvent la question sur quelque chose qu’il connaît, il va commencer à trouver ça plate. Ils n’ont pas de tolérance à la répétition», explique la mère de Leland, Isabelle Girard.

Leland et Miko ont donc trouvé leur place au club d’astronomie Véga de Cap-Rouge, où ils peuvent étudier des sujets de leur niveau et même les présenter lors de concours scientifiques. Le club est motivant pour eux, et surtout, il ne tient pas compte de leur âge. Les activités leur permettent de se concentrer et de retrouver les défis qu’ils n’ont pas avec la matière scolaire à apprendre. 

«Le club, c’est facile, mais des fois ce sont des sujets plus complexes comme l’astrophysique. Jusqu’à maintenant, j’ai parlé de trois sujets, les lasers, la gravité artificielle et la vitesse de lumière. Trois choses qui sont dans Star Trek, mon émission préférée. J’aime la complexité de la chose», partage Miko.

«Comme parents, on se rend compte qu’on n’a plus aucune ressource pour leur apprendre des choses, ils nous dépassent sur plein de sujets. À part le club d’astronomie, on n’a pas trouvé grand-chose qui permet à Miko d’apprendre. Le club Véga est très ouvert. Miko a souvent été invité à aller dans les cours avec les adultes qui ont des sujets plus poussés. Ils passent par-dessus l’âge», indique le père de Miko, Jake Poulin.

Votre enfant est trop jeune...

La commission scolaire reconnaît qu’il n’y a pas de procédure adaptée pour des profils comme Miko ou Leland, il est bien sûr rare de voir des élèves sauter quatre années scolaires! 


« Il se perd beaucoup de potentiel au Québec à cause de ça. (...) Il n’y pas de ressources qui sont prévues pour les enfants où l’école n’est pas une option »
Le père de Miko, Jake Poulin

En plus du club d’astronomie, Leland a suivi les cours de Lego Ingénieurs, jusqu’à ceux offerts pour les jeunes de 12 ans. Puis Miko suit des cours en ligne sur Outschool, l’école virtuelle. Les professeurs acceptent l’inscription de Miko sans problème, il peut donc suivre le cours avec des jeunes de 15 et 16 ans. 

«On trouve des endroits comme ça de temps en temps, mais il faut que ça soit des gens qui sont ouverts à la douance, puis ça, ça peut être difficile. Il se perd beaucoup de potentiel au Québec à cause de ça. Je cherche des cours privés pour Miko et je n’en trouve pas. Il n’y pas de ressources qui sont prévues pour les enfants où l’école n’est pas une option», déplore M. Poulin. 

Il est trop jeune... C’est une phrase que les parents comme Isabelle et Jake entendent trop souvent quand vient le temps d’inscrire leur enfant dans certaines activités.

«Dans un sens, c’est correct. Je l’ai essayé avec Lego Ingénieurs. Leland avait deux ans et il était avec des jeunes de 7 ans, il se fait regarder de travers quand il réussissait tous ses Legos sans difficulté. Il y en a des professeurs qui sont ouverts, mais le problème est les autres enfants. Ils vont être méchants avec lui», se souvient Isabelle Girard.

Pour plusieurs raisons, c’est plus facile de dire non à l’intégration d’enfants surdoués. Ils ont la personnalité d’enfants de leur âge, mais sont bien plus avancés en terme de connaissances.

«Ce sont des enfants qui peuvent faire de grandes choses s’ils ne sont pas arrêtés et restent stimulés», termine M. Poulin. 

Isabelle et Jake ont hâte de voir les choses changer de ce côté dans l’éducation au Québec.

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