Le campus de l'Université d'Ottawa sera «sans fumée» même lorsque le cannabis sera légalisé.

Légalisation du cannabis: le milieu scolaire est prêt

Avec les étudiants qui retrouvent le chemin des salles de classe, les établissements d’enseignement de l’Outaouais et d’Ottawa se préparent à une nouvelle réalité incontournable à venir cet automne: la légalisation du cannabis.

Les règles provinciales font en sorte que l’encadrement ne peut être le même sur les deux rives de la rivière des Outaouais.

Du côté ontarien, la loi permettra de consommer la marijuana seulement dans les résidences privées à compter du 17 octobre et l’Université d’Ottawa (Ud’O) compte respecter ces règles. Le campus sera donc sans fumée, précise Isabelle Mailloux-Pulkinghorn, gestionnaire des relations avec les médias à l’Ud’O.

«Cette interdiction s’applique également aux résidences universitaires qui ne sont pas considérées comme des habitations privées. D’ailleurs, les baux de location des résidences ont été modifiés cette année afin de refléter la légalisation imminente du cannabis», dit-elle, ajoutant des accommodements seront offerts au cas par cas en ce qui a trait au cannabis médical.

Même son de cloche au collège La Cité. L’établissement de la promenade de l’Aviation étudie les options afin de finaliser sa directive avant la légalisation. Une chose est claire, «il y aura zéro tolérance pour la consommation récréative du cannabis», confie la gestionnaire communications et relations publiques, Pascale Montminy.

La loi québécoise diffère puisque fumer ou vapoter la marijuana ne sera pas interdit dans tous les lieux publics. Seulement où il n’est pas permis de griller une cigarette. Le secrétaire général de la Commission scolaire des Draveurs (CSD), Christian Laforest, ajoute que, comme c’est le cas pour la cigarette, la possession et la consommation de cannabis seront formellement interdites sur les terrains scolaires, même les écoles pour adultes.

Contrairement à la cigarette, on ajoute une interdiction de fumer le cannabis sur les terrains d’établissements universitaires ou collégiaux, ce qui fait dire à l’Université du Québec en Outaouais (UQO) qu’elle détient tous les outils pour endiguer la légalisation du pot.

L’établissement universitaire, et d’autres propriétaires fonciers, pourront modifier leurs baux dans les 90 jours suivant l’entrée en vigueur de la légalisation de la marijuana. L’UQO pourra ainsi restreindre les odeurs dans ses résidences étudiantes.

Règlements déjà existants

À La Cité, si un professeur ou un étudiant se présente en salle de cours sous les effets du cannabis, le collège prévoit traiter la situation en vertu de son code d’éthique.

De façon similaire, l’UQO signale que son code de conduite prévoit des modes d’intervention en cas de comportements déplacés, que ce soit de la part d’un étudiant ou d’un professeur. Des interventions plutôt rares, précise le directeur des communications de l’UQO, Gilles Mailloux.

De son côté, M. Laforest souligne que la légalisation de la marijuana changera peu de choses au quotidien pour la CSD. La majorité de leurs élèves étant mineurs, il sera toujours illégal pour eux de consommer du cannabis. Pour les employés de la commission scolaire, les politiques actuelles continueront d’être appliquées.

«Présentement, on n’accepterait pas qu’un enseignant soit en milieu de travail sous l’effet de l’alcool. C’est certain qu’un enseignant qui se présenterait sous l’effet du cannabis en classe s’expose à des mesures disciplinaires.»