La fermeture de l'École de langues de l'Estrie sera lourde de conséquences pour d'autres centres de formation de la région.

L'École de langue de l'Estrie met la clé sous la porte

Près de 300 professeurs de langue se retrouvent sans emploi et craignent de ne jamais recevoir leur salaire des deux derniers mois en raison de la fermeture subite de l'une des plus importantes écoles de langue de la capitale fédérale. Des milliers d'élèves et des entreprises de l'industrie risquent également d'écoper à la suite de la déroute de l'École de langues de l'Estrie.
Fondée il y a 30 ans par Louise Charest, qui détient toujours l'entreprise, l'école compte deux campus et plus d'une centaine de classes à Ottawa-Gatineau.
Ses programmes sont fréquentés par de nombreux fonctionnaires forcés à suivre une formation linguistique pour accéder à de nouveaux postes. Une trentaine de ministères et d'agences gouvernementales font affaire avec la firme, qui offre aussi des programmes de formation linguistique en milieu de travail au Canada et ailleurs.
Même si les classes étaient toujours pleines, quelque chose ne tournait pas rond ces dernières semaines à l'École de l'Estrie, ont confié vendredi d'ex-employés.
«Depuis quelques jours, les employés éprouvaient des difficultés à joindre leurs patrons, a expliqué Ana Cona, une professeure de langue. Jeudi après-midi, nous avons tous été convoqués. On nous a dit que l'école fermait à 16h, que c'était fini.»
En début de semaine, la direction a indiqué à certains enseignants qu'ils changeraient de locaux sous peu. Ils ont plutôt été remerciés. Comme ils sont payés une fois le mois, pour le mois précédent, ils doutent d'un jour recevoir leurs salaires de décembre et janvier.
«La plupart des patrons sont injoignables. Deux cadres sont restés au bureau (vendredi) et ils ne répondent pas aux questions. Ils ne nous ont pas parlé», affirme Mme Cona.
D'autres entreprises touchées
Les déboires de L'École de l'Estrie sont lourds de conséquences pour d'autres centres de formation de la région, comme l'école de langue La Cité, qui se trouvait en coentreprise avec L'Estrie pour certains contrats d'envergure. La direction de l'école La Cité n'a pas souhaité émettre de commentaire.
«On craint d'être tenue responsable des déboires de l'Estrie et on tente d'éviter cela», a toutefois indiqué une source à l'interne.
La présidente de l'École de l'Estrie, Louise Charest, était injoignable vendredi.
Avec Maud Cucchi