Précisant que seuls des jeux sans violence ni combats et faisant appel à la stratégie d’équipe seront utilisés en marge du programme, Mme Congi soutient qu’il était naturel que le sport électronique s’ajoute à l’offre éducative du CECCE.

Le sport électronique s’amène en classe au CECCE

Déjà populaire dans quelques écoles au Québec et ailleurs sur le globe, un programme de sports électroniques fait une première percée en sol ontarien alors qu’il sera offert dès la rentrée dans un établissement du Conseil des écoles catholiques du Centre-Est (CECCE), en partenariat avec l’Académie esports Canada (AEC).

Ce programme optionnel sera intégré dans l’horaire des élèves du Centre professionnel et technique Minto à raison d’un cours de 75 minutes par jour.

Jusqu’ici, à quelques jours de la rentrée prévue le 20 août, le quart des 80 élèves de l’école se sont montrés intéressés par cette nouveauté.

Ce programme, qui plonge les jeunes au cœur du monde des jeux vidéos, fait son arrivée au CECCE alors que les sports électroniques ne font pas l’unanimité et que les heures passées devant un écran en inquiètent plusieurs. 

Mais le conseil scolaire se veut se faire rassurant en apportant des bémols.

« On a rencontré les parents au préalable, sinon on peut facilement tomber dans le piège de penser qu’il y aura plus de temps d’écran. Et la sédentarité, il faut faire attention de ne pas l’attribuer qu’aux jeux vidéos. Quelqu’un pourrait par exemple très bien jouer aux échecs pendant quatre heures et ne pas bouger. Nous sommes très sensibles au fait que de plus en plus de jeunes sont cyberdépendants, alors le programme leur montre comment ils peuvent faire pour ne pas le devenir. Il ne s’agit pas simplement de développer des compétences techniques. C’est un programme dans lequel on retrouvera un module d’apprentissage pour les saines habitudes de vie et la saine alimentation. On veut aussi que les élèves développent l’autorégulation, la pensée critique, la stratégie, la communication avec les autres, la résilience, le travail en équipe », explique la surintendante de l’éducation, Eugénie Congi.

Des cours théoriques seront aussi au menu, sans compter des activités d’éducation physique et de la méditation. 

On souhaite également apprendre aux élèves à se protéger contre la cyberintimidation.

Les élèves auront accès à des équipements spécialisés et seront épaulés, précise-t-on, par une équipe composée entre autres d’enseignants et de professionnels de cette industrie, mais également de travailleurs sociaux, d’experts-conseils du milieu de l’éducation et de technopédagogues.

Précisant que seuls des jeux sans violence ni combats et faisant appel à la stratégie d’équipe seront utilisés en marge du programme, Mme Congi soutient qu’il était naturel que le sport électronique s’ajoute à l’offre éducative du CECCE.

« Cette école secondaire, on travaille pour en faire un centre d’excellence en innovation. Il faut penser à l’extérieur de la boîte, à l’apprentissage au 21e siècle, de façon à rendre l’école plus motivante et engageante pour les élèves. On offre déjà différents cours qui intègrent la technologie, par exemple la création avec les imprimantes 3D ou encore la codage pour les plus petits, question de développer la littératie numérique. [...] Ce programme-là est bien ficelé, c’est fait de façon intelligente. Ça n’ajoute pas des heures devant l’écran, c’est plutôt de le faire de manière plus efficace et saine. Et on veut travailler davantage en collaboration avec les parents, car certains sont aux prises avec des enfants qui passent des heures devant les écrans et cherchent des solutions pour remédier à ce problème. Il faut que l’enfant puisse s’autoréguler de façon indépendante. On ne passera pas à côté de cet aspect-là », affirme Mme Congi.

Cette dernière estime que ce programme est dans l’air du temps alors que plusieurs métiers seront émergents dans le futur.

« Il faut se mettre à jour, on ne peut pas faire fi des avancées technologiques. On veut que nos élèves soient prêts pour le marché du travail, le collège, l’université. Un jeune a récemment gagné trois millions $ au jeu Fortnite, c’est plus que Rafael Nadal à la Coupe Rogers. Il faut plonger dans la réalité des jeunes et bien les accompagner. Il y a une foule d’emplois rattachés à cette industrie-là. Dans quelques années, les écoliers qui entrent à la maternelle pourront pratiquer des métiers qui n’existent même pas aujourd’hui », spécifie-t-elle.

Le président et directeur général de l’AEC, Patrick Pigeon, se réjouit de ce nouveau partenariat avec le CECCE, parlant d’une « étape majeure » pour le développement de l’entreprise dans le secteur de l’éducation et se disant confiant de mettre en place « un programme de qualité répondant aux attentes des participants et de leur entourage ».