Le SPUQO, qui a tenu trois heures de grève mercredi après-midi, souhaite que le recteur participe aux rencontres de conciliation.

Le recteur n’ira pas négocier

Tout en souhaitant un dénouement rapide à l’impasse dans les négociations avec les professeurs, le recteur de l’Université du Québec en Outaouais (UQO), Denis Harrisson, n’a pas l’intention de participer à des rencontres de conciliation, tel que le réclame le syndicat. « Ce n’est pas ma place », dit-il.

En entrevue éditoriale avec Le Droit, M. Harrisson a rappelé que l’UQO s’est jusqu’à présent entendue avec quatre syndicats sur cinq. Le Syndicat des professeurs (SPUQO), « c’est le plus difficile », admet-il.

Le SPUQO, qui a tenu trois heures de grève mercredi après-midi, souhaite que le recteur participe aux rencontres de conciliation.

Le syndicat soutient que lors de la séance du 15 janvier dernier, les représentants de la partie patronale « n’avaient pas reçu le mandat de répondre à la contre-proposition [...] présentée ». Aux yeux de la présidente du SPUQO, Louise Briand, « le recteur est l’ultime espoir » pour que le renouvellement de la convention se fasse « sans conséquence négative ».

Denis Harrisson n’a cependant pas l’intention de répondre par l’affirmative à cette demande, alors qu’une autre rencontre de conciliation est prévue la semaine prochaine. « Ce n’est pas ma place d’être au comité de négociation, dit-il. On a des porte-parole qui sont au comité et ils ont les mandats qu’il faut pour régler, alors je ne vois pas ce que je ferais là. C’est assez rare qu’on voit le recteur se mêler au comité de négociation. C’est la présidente du syndicat qui demande ça et moi, je n’ai pas à aller là. »

La question salariale fait notamment partie des négociations. À ce chapitre, le recteur affirme que l’offre patronale « peut encore être bonifiée ». « Mais à côté de l’offre salariale, il y a plein d’autres demandes aussi que le syndicat nous fait et il va falloir que le syndicat en retire un certain nombre pour qu’on puisse travailler sur l’offre salariale », estime M. Harrisson.

Le recteur s’oppose entre autres à la demande syndicale de voir 1 % du budget de fonctionnement de l’UQO être versé en fonds de recherche. Pour M. Harrisson, un tel financement n’a pas sa place dans une convention collective.

L’administration doit aussi conjuguer avec une tension qui perdure depuis la plus récente crise étudiante.

« On est dans une ère post 2012, on a des gens qui sont toujours dans cette mouvance-là de 2012, et c’est essentiellement, je dirais, un problème de confiance », a mentionné le recteur en précisant que la direction académique de l’UQO n’est pas la même qu’en 2012. Il estime qu’une fois les négociations terminées, le syndicat des professeurs et l’employeur devront « s’asseoir ensemble ».

« Le syndicat dépend de nous et nous, on dépend des professeurs pour assurer notre croissance, note M. Harrisson. Donc c’est sûr qu’en étant dans un climat de confrontation comme ça, ça n’aide ni l’un ni l’autre. Et le fait que les négociations durent et perdurent depuis deux ans, c’est sûr que ça ne détend pas l’ambiance. »

C’est la première fois de l’histoire du SPUQO que ses membres adoptent un mandat de grève. Les quelque 250 membres du syndicat sont sans contrat de travail depuis le 1er mai 2015.

Sur le mandat contenant une banque de dix heures de grève, sept ont été jusqu’à présent utilisées. Si le conflit persiste, la possibilité d’un mandat de grève générale illimitée pourrait poindre à l’horizon.

« C’est la possibilité. Je ne le crains pas, mais en même temps, je pense qu’il faut l’envisager si on ne règle pas, affirme Denis Harrisson. Moi, je veux régler, mais pas à n’importe quel prix. »