Une vingtaine d'élèves de l'école primaire Saint-Louis-de-Gonzague devront changer de groupe la semaine prochaine, à la suite d'une décision de la CSDM à laquelle des parents s'opposent.

Le primaire, plus déterminant que jamais

Les élèves franco-ontariens ont beau réussir mieux que jamais les tests provinciaux au secondaire, s'ils ne sont pas sur la bonne voie dès les premières années de l'élémentaire, leurs chances de réussite fondent rapidement.
Un nouveau rapport de l'Office de la qualité et de la responsabilité en éducation (OQRE) renforce le rôle déterminant que jouent les premières années de scolarité.
«Pour les élèves qui n'atteignent pas la norme provinciale en 3e et en 6e année, les chances sont très grandes qu'ils ne l'atteindront pas au secondaire, que ce soit en littératie ou en numératie», indique François Lavictoire, le coordonnateur des services en français de l'OQRE.
De fait, en lecture, les élèves qui n'atteignent pas la norme provinciale en 3e et en 6e année sont 23 fois plus à risque d'échouer le Test provincial de compétences linguistiques (TPCL), administré en 10e année et obligatoire à l'obtention du diplôme d'études secondaires de l'Ontario.
Les tendances ne sont pas nouvelles. L'OQRE est à même de suivre les progrès de cohortes d'élèves à travers les tests provinciaux depuis 2010 en mathématiques et 2011 en littératie. Il s'est aussi déjà penché sur les élèves «vulnérables» et «à risque» au jardin d'enfants, y voyant dès cet âge, des indices révélateurs de leurs futures chances de réussite.
Constats préoccupants
Cette plus récente étude longitudinale est beaucoup plus détaillée que les précédentes, permettant néanmoins de dresser des constats tout aussi préoccupants.
Parmi tous les élèves qui n'ont pas atteint la norme provinciale en mathématiques en 3e année (2006) et en 6e année (2009), 75 % n'ont pas atteint la norme au niveau appliqué en 9e année (2012). Le résultat n'est guère plus rose au niveau théorique, où trois élèves sur cinq ont poursuivi leurs difficultés.
En littératie, l'OQRE a suivi le progrès des élèves de la 3e année (2005) au TPCL (2012). En lecture et en écriture, respectivement 45 % et 51 % des élèves qui n'ont jamais atteint la norme provinciale ont échoué au secondaire.  
«Les résultats font constater aux gens impliqués, que ce soit les parents, le personnel enseignant ou les conseils scolaires, à quel point les élèves qui ont de la difficulté en partant, il faut s'y attarder rapidement. On remarque que ceux qui ont été réchappés entre la 3e et la 6e année ont de très bonnes chances de réussir», poursuit M. Lavictoire.
Le hic, c'est que de moins en moins d'élèves qui n'ont pas atteint la norme provinciale en 3e année en maths, redressent la barre à temps pour le test de 6e année.
Une raison de plus pour les conseils scolaires de mettre l'emphase sur les succès à l'élémentaire. Une réalité qui n'a pas échappé au Conseil des écoles publiques de l'est de l'Ontario. Plusieurs mesures préventives sont apparues depuis quelques années.
«Les écoles ont tous un leader en littératie et en numératie. Ce sont des enseignants qui appuient les titulaires à la fois pour dépister et pour intervenir rapidement», fait remarquer Martin Bertrand, surintendant de l'éducation.
S'il y a une bonne nouvelle, c'est que le scénario inverse est aussi vrai. Les élèves qui ont maintenu la norme provinciale en 3e et 6e années en littératie ont réussi le TPCL à plus de 95 % en 2012.