Le président de la CSD, Claude Beaulieu, admet que la tâche des enseignants s'est passablement alourdie au fil des ans.

Le président de la CSD sympathise avec les enseignants

Lui-même enseignant de carrière et ex-directeur d’école, le président de la Commission scolaire des Draveurs (CSD), Claude Beaulieu, dit sympathiser avec les revendications actuelles de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE).

Il est entre autres d’avis que la tâche en salle de classe est plus lourde qu’elle ne l’a jamais été et qu’il est déraisonnable qu’un enseignant gagne 42 000 $ en début de carrière.  

« Je pense que de plus en plus, la tâche est très exigeante. Tout ça a commencé à cause du privé. Le privé va chercher une clientèle particulière, et de plus en plus, pour compétitionner avec le privé, les écoles publiques ont commencé à créer des programmes particuliers. Ceux-ci ont fait que la classe ordinaire s’est complexifiée, dans le sens où on y retrouve moins d’élèves performants. Ça donne une classe où il n’y a pas de mixité sociale et les dernières études disent que le groupe a un effet sur les résultats scolaires », note-t-il.

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M. Beaulieu ajoute qu’il est « anormal » qu’un enseignant se retrouve, comme c’est fréquemment le cas, devant un groupe au sein duquel le tiers, voire la moitié des écoliers ont des problématiques particulières d’apprentissage. 

« Les conditions de travail sont plus difficiles. Il faut outiller les enseignants pour travailler avec cette clientèle-là, mais il faut aussi leur donner du soutien. Et présentement, il y a une pénurie de personnel, alors c’est difficile », lance-t-il. 

Quant à la rémunération, elle est selon lui insuffisante considérant l’ampleur des défis. Il rappelle qu’avec l’écart notable observé entre les deux provinces, certains préfèrent traverser la rivière pour enseigner en Ontario. 

« Écoutez, moi je pense que les enseignants québécois devraient être autant considérés que ceux de l’Ontario. On le fait pour les médecins [une hausse salariale], pourquoi ne le fait-on pas pour les enseignants ? », juge-t-il. 

D’autre part, affirmant qu’on ne peut s’ingérer dans l’autonomie professionnelle des enseignants, M. Beaulieu dénonce lui aussi l’article 34 du projet de loi 40 modifiant la gouvernance scolaire. 

On y mentionne qu’exceptionnellement, un directeur d’école, après consultation de l’enseignant, « pourrait majorer le résultat d’un élève s’il existe des motifs raisonnables liés à son cheminement scolaire ». 

« C’est inacceptable. D’un côté, le ministre (Roberge) a aboli la question des 58-59 % (gonfler les résultats pour qu’ils atteignent la note de passage de 60 %) et là d’un autre côté il veut donner le droit aux directeurs de changer les notes », plaide-t-il.