Manon Dufour, directrice générale du Centre de services scolaire des Draveurs
Manon Dufour, directrice générale du Centre de services scolaire des Draveurs

Le plan de la rentrée salué en Outaouais

Daniel LeBlanc
Daniel LeBlanc
Le Droit
Les centres de services scolaires de l'Outaouais accueillent favorablement le plan révisé concocté par Québec pour la prochaine rentrée scolaire, qui aura lieu dans trois semaines. Certains questionnements liés au port du masque et aux sous-groupes en classe sont maintenant dissipés, juge-t-on.

La directrice générale du Centre de services scolaire des Draveurs (CSSD), Manon Dufour, soutient que les décisions doivent être guidée «par les faits» et ajoute qu'il est normal que le gouvernement doive ajuster le tir «à la suite des observations des dernières semaines et parce qu'on en apprend sur la COVID au fur et à mesure où on la vit».

«On voit tout ça positivement. Par rapport à l'annonce de juin, c'est une plus grande flexibilité pour faire des adaptations dans chaque école. On parlait au départ de bulles de six élèves, mais si quelque chose ne fonctionnait pas au niveau de la chimie, on avait quand même certaines questions. Pour le travail en équipe, je voulais respecter l'autonomie des enseignants», dit-elle.

L'élimination du concept des bulles et le port du masque dans les déplacements dans l'école pour le personnel et les élèves dès la 5e année du primaire sont, à ses yeux, «deux bonnes nouvelles qui ont évolué avec le temps». 

«Pour le masque, notamment dans les déplacements, on avait encore des inquiétudes par exemple pour les corridors, quand la cloche sonne et que tout le monde se déplace en même temps. Alors là, ça simplifie les choses. Ce sont deux aspects qui vont faire en sorte qu'on pourra se concentrer davantage sur la pédagogie», note-t-elle.

Estimant que le réseau a fait «plein de choses» depuis le mois de mars pour être prêt à affronter une potentielle deuxième vague de coronavirus, Mme Dufour est d'avis que des pas de géant ont été faits en matière d'apprentissage à distance.

«Si un élève est à la maison 10, 14 jours, on doit être capable de le rattraper, qu'il n'y ait pas de trou de service. On a fait un bond de 20 ans en trois mois, on va se le dire, en ce qui concerne l'utilisation des technologies numériques. Hors Montréal, en ayant pu ouvrir les écoles primaires au printemps, ça nous a permis d'avoir toute une pratique, alors je ne suis pas inquiète. On a acheté beaucoup de matériel informatique. On a 4000 outils (tablettes, portables, etc) qui sont entrés et on attend une commande de 6617 Chromebook en octobre ou novembre», explique-t-elle.

Aux parents qui s'interrogent à savoir si leur enfant sera renvoyé à la maison s'il a un simple symptôme comme un écoulement nasal, Manon Dufour précise que tout n'est pas noir ni blanc et qu'il faudra tenir compte du contexte. 

«Un nez qui coule en novembre dans une école où il y a une éclosion (de COVID-19), ce ne sera pas la même chose qu'un nez qui coule dans un endroit où il n'y a aucun cas, par exemple. On va peut-être être plus proactifs à la première apparition de symptômes, tout dépendra de la situation dans la région. Une décision un mardi dans une école pourrait être différente le mardi suivant dans la même école», dit-elle.

D'ailleurs, le directeur national de la santé publique, Dr Horacio Arruda, a lancé en point de presse qu'on n'empêche pas en temps normal un enfant d'aller à l'école s'il a un banal rhume sans fièvre.

Le directeur général du CSSCV, Daniel Bellemare.

Plan «réaliste»

La réaction est aussi positive au Centre de services scolaire au Coeur-des-Vallées, où le directeur général Daniel Bellemare qualifie le plan actualisé du gouvernement Legault de «réaliste» et considère que le ministère «a fait ses devoirs». 

«Je suis très satisfait. Avec tout ce qu'on veut mettre en place, est-ce qu'il y aura de l'éducation à faire auprès des élèves? Certainement, mais avec beaucoup d'élèves du primaire, on va simplement reprendre là où on avait laissé. Ça change les habitudes, oui, mais il y aura une scolarisation à temps plein pour l'ensemble de nos élèves. Pour ne pas favoriser le décrochage, il fallait repartir à temps plein le plus vite possible. On a mis en place des stratégies pour palier à des difficultés, par exemple les fossés qui peuvent s'être créés entre certains élèves durant l'été ou entre mars et juin. Nos équipes-écoles travaillent sur un plan de rattrapage qui est sensiblement prêt», affirme-t-il.

Rappelant que la perfection n'existe pas, ce dernier avoue être impressionné par la section Questions-Réponses «très étoffée» qui a été élaborée par Québec pour les élèves, le parents et le personnel.  

Selon M. Bellemare, il ne devrait pas être trop ardu de faire adhérer les jeunes au port du masque dans les aires communes des établissements.

«Il y a quand même une habitude qui s'est créée depuis la mi-juillet, ce ne sera pas une nouveauté propre à l'école. C'est cohérent avec ce qui se passe ailleurs, par exemple au restaurant ou dans une salle de spectacle», note-t-il.

Au Centre de services scolaire des Portages-de-l'Outaouais (CSSPO), on applaudit également l'annonce du jour.

«Pour les sous-groupes, c'est ce qu'on souhaitait comme modification. C'est sûr qu'au niveau organisationnel, ce sera beaucoup plus simple. Le concept des bulles à six élèves, c'était faisable en salle de classe, mais par la suite, dans les déplacements, ça commençait à être compliqué. On accueille ça favorablement, ça va enlever des contraintes pour le personnel enseignant et de direction. En classe, ce sera un groupe étanche, comme une famille, ce sera toujours le même monde», soutient la directrice générale Nadine Peterson.

Laisser la liberté aux élèves et aux enseignants de retirer le masque une fois assis en classe est aussi un bon choix, à son avis, pour des questions de communication et d'expressions faciales, qui sont cruciales pour plusieurs. 

«Je ne suis pas certaine que ce serait favorable de l'avoir toute la journée. On sait que dans une salle de classe, c'est très théâtral, les gens s'expriment. Il y a aussi des élèves qui ont des difficultés de compréhension», ajoute-t-elle.

«Ça va bien aller», croit un comité de parents

La nouvelle version du plan de la rentrée scolaire satisfait aussi la présidente du comité de parents du CSSD, Valérie Dionne, qui croit «que l'on s'en va sur la bonne voie».

«J'ai eu le temps de sonder mon exécutif et tout le monde est bien content, particulièrement pour le fait que le port du masque ne sera pas obligatoire en classe. La communication entre élèves, c'est tellement impératif à cet âge-là. C'est un peu ce qu'on redoutait, car ça aurait été nuisible. En ce qui a a trait à la bulle pour chaque classe, c'est le gros bon sens. Ça va bien aller, je pense, avec toutes les mesures comme le lavage des mains et la distanciation, comme en mai et juin. Je pense que ça permet de limiter la propagation. La moitié des parents n'ont pas envoyé leur enfant à l'école à ce moment-là mais certains m'ont dit qu'ils l'avaient regretté. Je pense que les parents sont maintenant plus ouverts», témoigne-t-elle.

Disant que le plus gros défi de la prochaine année scolaire sera probablement l'exacerbation de la pénurie d'enseignants en raison de la COVID-19, celle-ci dit avoir beaucoup apprécié que le Dr Arruda affirme lundi «que de priver les jeunes du milieu scolaire serait pour eux encore plus néfaste que les impacts de la COVID-19».