Le nom de Frédéric Poulin, actuel directeur général du Cégep de l’Outaouais, est de plus en plus mentionné à la succession de Denis Harrisson comme recteur de l’UQO.

Le patron du Cégep pas fermé au poste de recteur de l'UQO

Le nom de Frédéric Poulin, directeur général du Cégep de l’Outaouais, se retrouve au centre de bien des discussions depuis quelques semaines comme candidat potentiel à la succession de Denis Harrisson comme recteur de l’Université du Québec en Outaouais (UQO), a appris Le Droit.

Interpellé à ce sujet, mardi, le principal intéressé avoue qu’il ne « ferme pas la porte » à une telle éventualité, mais il ajoute qu’une sérieuse réflexion sera nécessaire avant d’envisager un passage à la direction de l’université. M. Harrisson a annoncé, il y a quelques mois, qu’il ne souhaitait pas renouveler son mandat à la tête de l’UQO. Il quittera son poste en janvier prochain.

« Je ne jouerai pas au politicien, je suis flatté que mon nom circule, j’avais entendu ça entre les branches, mais honnêtement je n’avais pas réfléchi à ça et je devrai m’asseoir pour prendre le temps de le faire sérieusement, mais je ne ferme pas la porte, a affirmé M. Poulin. Je sais en même temps que je ne serai pas au Cégep pendant encore 25 ans et que la vie est faite de cycles. »

À l’intérieur des murs de l’UQO, le nom de Frédéric Poulin circule de plus en plus, notamment au sein du corps professoral.

La présidente du syndicat des professeurs, Stéphanie Demers, confirme qu’une éventuelle candidature de M. Poulin susciterait « énormément d’intérêt et serait perçue comme très positive par la communauté universitaire ».

Mme Demers rappelle que le climat de travail entre le corps professoral et la direction de l’UQO n’est pas au beau fixe, et ce depuis le Printemps érable de 2012 qui avait vivement secoué la communauté universitaire.

« Ça fait plusieurs années que c’est ardu et c’est certain que les professeurs de l’UQO vont suivre [le processus de nomination du nouveau recteur] avec une très grande attention, affirme-t-elle. On souhaite un recteur qui sera capable de recréer les liens avec la communauté universitaire et M. Poulin a fait ses preuves à ce chapitre. Il a démontré sa capacité à assurer un développement de son institution, tant au niveau des immobilisations que du développement des programmes et de la recherche. Son énergie comme administrateur et son côté humain sont deux atouts importants. On a bien vu sa façon éthique de gérer la grève de 2012. Il a décidé de prendre soin des gens de son institution plutôt que d’en protéger les murs uniquement, il a respecté la démocratie étudiante et fait preuve d’un grand leadership éthique tout au long de cette crise. Son bilan comme directeur général du Cégep est impossible à ignorer et c’est certain qu’il serait une addition très intéressante pour l’UQO. »

M. Poulin en est à sa 9e rentrée des classes au Cégep de l’Outaouais.

Il est à sa première année d’un nouveau mandat de cinq ans à la tête de l’institution.

« Une chose est sûre, dit-il, c’est que ça prend une chimie entre les niveaux collégial et universitaire pour permettre à l’Outaouais de se démarquer en enseignement supérieur, dit-il. Il faut absolument que nos institutions travaillent, collaborent et revendiquent d’une seule voix […] et ce n’est pas encore tout à fait acquis. Ce qu’on a réussi à faire dans le milieu de l’éducation de l’Outaouais dans les dernières années, on l’a fait quand tous les partenaires ont poussé dans la même direction en même temps. C’est ce qu’on doit continuer à faire, c’est essentiel. »

Le comité de sélection pour la nomination d’un nouveau recteur à l’UQO affiche officiellement le poste ce mercredi, jusqu’au 9 octobre prochain.