Lorsque la météo fait des siennes, le transport scolaire est immédiatement mis à mal. Selon que l’on habite en Ontario ou au Québec, les procédures d’annulation du transport diffèrent.

L’ABC de l’annulation du transport scolaire

L’annulation mur à mur du transport scolaire comme ce fut le cas mardi à Ottawa et en Outaouais est rarissime. Et la météo a beau être très similaire, le processus menant à la prise d’une telle décision n’est pas le même des deux côtés de la rivière.

Sur la rive ontarienne, c’est le Consortium de transport scolaire d’Ottawa (CTSO), qui regroupe une vingtaine d’entreprises assurant le transport des élèves du Conseil des écoles catholiques du Centre-Est (CECCE) et du Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario (CEPEO), qui a le pouvoir de trancher en la matière.

« C’est toujours un défi, car on a un immense territoire, avec des écoles à Ottawa, Pembroke, Brockville et même Kingston. La température peut varier selon les endroits et on a aussi des partenariats avec quatre consortiums anglophones. Quand de leur côté ils annulent, on emboîte le pas. Voilà pourquoi ça peut être annulé à certains endroits alors qu’à d’autres non », note le directeur de transport du CTSO, Patrick Pharand.

Contrairement à la rive québécoise, il n’est cependant pas possible, dans un territoire donné, d’annuler le service en milieu rural tout en l’offrant en milieu urbain.

« Quand on procède à une annulation à Ottawa, on annule partout, autant en secteur rural qu’urbain. Sinon, il y aurait trop de confusion. Il y a des écoles secondaires dont le bassin de fréquentation est très grand, on ne peut pas envoyer la moitié des élèves à l’école. [...] La communication est primordiale dans les cas d’annulation. Les décisions ne plaisent pas toujours à tous, mais on les prend dans le meilleur intérêt de la clientèle », ajoute M. Pharand.

Appelés à dire s’ils sont satisfaits des décisions prises par le CTSO cette année, autant le CEPEO que le CECCE se sont faits avares de commentaires, disant avoir pleinement confiance dans le jugement des administrateurs de l’organisation.

« La décision d’annuler le transport leur revient entièrement et on ne peut en aucun cas interférer dans ces décisions », a simplement indiqué le directeur de l’éducation du CECCE, Réjean Sirois.

De l’autre côté de la rivière, ce sont les commissions scolaires elles-mêmes qui ont le dernier mot quant à savoir si les autobus jaunes prennent la route ou restent au garage. Chacune d’entre elles prend sa propre décision tôt le matin et a la possibilité de suspendre le service uniquement pour certains de ses établissements.

« Il nous arrive à l’occasion d’annuler le transport en milieu rural seulement, pour des raisons évidentes. Par exemple, le déneigement prend plus de temps à être fait, il y a des chemins privés et il y a des voies d’accès souvent plus abruptes. On peut aussi avertir les parents que certaines rues ne pourront être desservies et l’embarquement se fait alors à un autre endroit. Et évidemment, dans toute situation, on se fie au bon jugement du chauffeur, car la situation peut évoluer d’heure en heure, voire de minute en minute », de dire le secrétaire général de la Commission scolaire des Draveurs, Patrick Courville.

Il rappelle que même si chaque décision est mûrement réfléchie, il y a certaines incidences « non-négligeables » à l’annulation du transport scolaire.

« Évidemment que la sécurité des élèves sera toujours la priorité, mais au Canada, il y a de la neige, de la grêle, etc. Dans certaines écoles, si on suspend le transport, on peut avoir un taux de présence d’à peine 20 %. C’est donc une évaluation de cas par cas. On gère ça du mieux que l’on peut », précise-t-il.