La justice se déplace à l'université

Une dizaine d'étudiants en droit de l'Université d'Ottawa ont mis leurs livres de théorie et de jurisprudence de côté, lundi, en assistant à la première «classe tribunal» du pays. Cette classe toute spéciale, inaugurée en octobre dernier, a été utilisée pour la première fois dans un cadre académique, alors que les étudiants ont assisté à de vraies audiences, dans une salle de cour aménagée sur le campus.
La salle d'audience Ian G. Scott est aussi bien équipée - sinon davantage - que les salles des palais de justice de la région. D'un côté de la vitrine, le juge et les avocats tiennent leur audience dans une cause bien réelle, et de l'autre, des étudiants observent ce qui se passe, écoutent ce qui se dit et analysent les stratégies des procureurs.
Véronique Gingras-Gauthier, une étudiante en droit, a assisté à la première. Selon elle, cette classe facilite l'accès à la justice. «Ce qui est bien, c'est de pouvoir échanger avec le juge et les avocats, dit-elle. On entend des questions très spécifiques. On apprend davantage en voyant des avocats agir.»
Démystifier la justice
Yan Zawisza, chargé de cours en common law, voit dans ce laboratoire un outil d'apprentissage à utiliser au maximum. «En classe, on parle de théorie et de jurisprudence, mais on ne voit pas l'action. Ce n'est pas évident de prendre un groupe d'étudiants et de l'accompagner au palais de justice.»
Les étudiants peuvent démystifier le monde judiciaire et rejeter certaines idées reçues. «On y voit que la relation entre les plaideurs et le juge est très importante, explique M. Zawisza. Dans le cas d'aujourd'hui (un dossier d'immigration à la cour fédérale), il y a eu, subitement, un nouveau juge. L'avocat a dû modifier son approche sur les attentes de ce nouveau juge. Cela démontre qu'il faut être prêt et flexible.»