Alors que les négociations piétinent, l’AEFO espère que les conseils scolaires francophones vont prendre position dans le débat, comme l’ont fait les conseils anglophones.
Alors que les négociations piétinent, l’AEFO espère que les conseils scolaires francophones vont prendre position dans le débat, comme l’ont fait les conseils anglophones.

La grève bientôt «inévitable» pour les enseignants franco-ontariens

Daniel LeBlanc
Daniel LeBlanc
Le Droit
Le déclenchement d’une grève rotative ou illimitée apparaît de plus en plus inévitable pour les enseignants franco-ontariens, selon leur syndicat, qui a précisé vendredi en quoi se traduira la deuxième phase de la grève du zèle.

« On va probablement être mis devant le fait accompli si les choses ne s’améliorent pas. Il y a un immobilisme. La tactique qu’ils (le gouvernement et le Conseil des associations d’employeurs) semblent utiliser, c’est de dire d’un côté de la bouche qu’ils sont prêts à négocier, alors que de l’autre côté, on n’a pas pu nous donner d’autres dates (de rencontres) », lance d’emblée le président de l’Association des enseignantes et enseignants franco-ontariens (AEFO), Rémi Sabourin. 

Les seules autres séances de négociations à l’agenda sont prévues les 29 et 30 janvier. 

Entre temps, tel qu’annoncé jeudi, les moyens de pression seront accentués dès mardi alors que la seconde phase de la grève du zèle débutera pour les enseignants franco-ontariens. Plusieurs autres actions seront posées pour « augmenter la pression » et « perturber le quotidien », affirme M. Sabourin. 

Concrètement, à compter de mardi, les enseignants ne prendront part à aucune réunion, qu’elle ait lieu durant la journée ou à l’extérieur des heures de classe. 

« Il y avait encore des exceptions, mais là on met fin à tout », s’exclame le leader syndical. 

Également, tous les enseignants (incluant le personnel suppléant) se réuniront chaque matin dans un lieu de rassemblement à l’extérieur et feront leur entrée en groupe 20 minutes avant le début des cours. En après-midi, au plus tard 15 minutes après que la cloche ait retenti, tous les syndiqués quitteront le lieu de travail. Le personnel volontairement impliqué dans des activités parascolaires pourra rester à l’école jusqu’à la fin de celles-ci, précise-t-on. 

Autre nouveau moyen de pression : fini les activités spéciales et les sorties éducatives, « même si tout a été planifié, réservé ou payé avant le début de la grève, et même si l’activité se déroule entièrement pendant la journée scolaire », indique l’AEFO. Il incombera à la direction ou au conseil scolaire de décider si la sortie est maintenue ou annulée et d’en informer les parents, ajoute-t-on. 

Dès mardi, les enseignants cesseront aussi d’entrer des données dans le système Trillium, qui sert entre autres pour gérer l’assiduité des élèves. 

« Le travail administratif disparaît pour l’instant. Les présences, on va les prendre à la mitaine, comme on dit. Ce sera sur papier, comme dans le bon vieux temps. Le but, c’est de se concentrer sur l’enseignement. On s’aperçoit qu’il y a une prise de conscience, y compris pour nos membres, au sujet du nombre exorbitant de tâches administratives qui se greffent à la tâche principale »,  Rémi Sabourin. 

De plus, le personnel enseignant au secondaire n’effectuera aucune suppléance interne. 

Le président de l’AEFO affirme qu’à première vue, les gestes qui sont posés pendant une grève du zèle peuvent sembler anodins, mais dans les faits, « ça vient vraiment ralentir ce qui se passe dans les écoles ». 

« Sur le terrain, on entend dire que la phase 1 a des effets. [...] L’objectif est de déranger, on veut en arriver à une entente. Notre message aux parents, c’est que l’on comprend que les mouvements de grève peuvent perturber le quotidien — plusieurs enseignants sont eux-mêmes des parents et le savent — mais il s’agit d’une action syndicale. Il faut lutter contre la détérioration du système d’éducation, la réussite de nos élèves n’est pas négociable », dit-il.

Alors que les négociations piétinent, le syndicat représentant 12 000 membres répète qu’il espère que les conseils scolaires francophones vont prendre position et sortir de leur mutisme, comme l’ont fait certains conseils anglophones. 

« Il y a encore énormément de retranchements sur la table, on a de la difficulté à parler de certains sujets qui selon nous pourraient aider le système », soutient M. Sabourin.

Durant la première phase de la grève du zèle, les enseignants ont par exemple mis fin aux rencontres de parents en dehors des heures de classe, en plus de ne plus signer ou commenter les bulletins scolaires et ne prendre part à aucune activité de formation ou de perfectionnement. 

Rappelons que l’imposition de cours en ligne aux élèves du secondaire et la hausse du nombre d’élèves par classe sont au nombre des points en litige entre les parties. 

La convention collective est échue depuis le 31 août.