Claude Beaulieu, président de la Commission scolaire des Draveurs

La fin approche pour les commissions scolaires

La rentrée parlementaire à Québec, mardi, sonnera le début de la fin pour les commissions scolaires. Le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) entend donner suite à l’une de ses promesses importantes en déposant, cet automne, le projet de loi qui transformera les commissions scolaires en centres de service et abolira les élections scolaires.

Québec souhaite ainsi réduire la lourdeur bureaucratique dans le milieu de l’éducation et donner plus de pouvoir aux écoles. Pour le président de la Commission scolaire des Draveurs (CSD), Claude Beaulieu, il s’agit surtout d’un écran de fumée pour permettre au gouvernement de centraliser les pouvoirs à Québec.

« Il y a eu la réforme Barrette en santé, et là, on aura droit à la réforme Roberge en éducation, lance M. Beaulieu. On a bien vu ce que la réforme en santé a donné. Est-ce qu’on a vu une seule personne du conseil d’administration du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) se lever publiquement pour dire que ce qui se passe dans la qualité des soins est inacceptable ? Personne dans ce conseil d’administration n’a pris la parole pour défendre les gens de la région. C’est très exactement ce que Québec veut reproduire dans nos écoles. »

Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, laisse entendre que sa réforme permettra d’améliorer la réussite des élèves. Cette affirmation est vivement dénoncée par M. Beaulieu. « C’est ce qu’il dit et il laisse croire aux parents qu’ils auront plus de pouvoir, mais en fin de compte, ça va finir par créer des écoles de riches et des écoles de pauvres, déplore M. Beaulieu. Les milieux où les parents seront plus impliqués auront plus de pouvoir. Et ce sont les enfants qui vont payer dans les endroits où la mobilisation sera plus faible. »

Différence linguistique

La semaine dernière, CBC a révélé que Québec prévoyait une exception à sa réforme pour les commissions scolaires anglophones. Le modèle pourrait être appelé à changer, mais les élections scolaires y seraient maintenues en vertu des droits linguistiques propres à la communauté minoritaire anglophone du Québec.

« C’est un non-sens, insiste M. Beaulieu. Il y aura un modèle pour les anglophones, et un modèle pour les francophones. La minorité pourra continuer de profiter du système démocratique, mais pas les francophones. On ne peut pas avoir deux modèles. C’est une insulte. Il faut que le pouvoir politique en éducation reste dans les régions. Il ne faut pas centraliser ça à Québec. »