Le syndicat de l’enseignement de l’Outaouais déplore l’attitude de la Commission scolaire des Portages de l’Outaouais dans les dossiers d’événements violents avec des élèves.

La CSPO pointée du doigt par les profs

Le Syndicat de l’enseignement de l’Outaouais (SEO) saisit mal pourquoi la Commission scolaire des Portages-de-l’Outaouais (CSPO) fait la source oreille et ne crée pas un formulaire spécifique aux événements à caractère violent avec des élèves, comme c’est le cas dans d’autres commissions scolaires.

À la CSPO, le formulaire à remplir lorsqu’un enseignant est la cible de violence physique ou verbale de la part d’un élève s’intitule Rapport d’accident de travail, tandis qu’on le nomme Déclaration d’événement accidentel ou à caractère violent aux commissions scolaires des Draveurs (CSD) et au Coeur-des-Vallées (CSCV).

C’est là où le bât blesse, déplore le syndicat, qui affirme demander en vain à l’employeur depuis «au moins 10 ans» d’avoir un formulaire spécifique aux événements d’une telle nature.

«Un accident de travail, ce n’est pas la même chose que de subir de la violence. C’est une demande récurrente qui est sur la table chaque année. On veut être capable de bien identifier les actes qui ont été commis. Dans les autres commissions scolaires, on peut cocher la nature de l’événement. J’ignore pourquoi la CSPO n’accepte pas cette demande qui est si importante pour les profs. On s’explique mal ce refus, ils disent que ce n’est pas nécessaire pour eux», martèle la présidente du SEO, Suzanne Tremblay.

En signe de protestation face à la situation, plusieurs enseignants utilisent plutôt le formulaire associé à la CSD puis biffent l’en-tête pour y écrire «CSPO» à la main.

«Les profs se demandent depuis longtemps pourquoi ils n’y ont pas droit. On veut sentir que c’est important pour la CSPO. Je ne suis pas prête à dire qu’ils ne s’en occupent pas [de la problématique de violence], sauf qu’on ne parle pas de réinventer la roue. Il s’agit de changer une feuille de papier, pas une politique. Il faut mieux l’encadrer cette violence-là, il ne faut pas banaliser ces gestes», ajoute-t-elle.

Qui plus est, le SEO soutient qu’une fois que de tels cas ont été signalés, les autres commissions scolaires acheminent un rapport à la partie syndicale dans les jours subséquents. Ce n’est pas le cas de la CSPO, spécifie Mme Tremblay.

L’EMPLOYEUR RÉPOND

En réponse à une demande d’accès à l’information, la commission scolaire répond qu’à la suite de pourparlers lors du Comité santé et mieux-être de la CSPO, il avait été convenu qu’un formulaire de déclaration spécifique à la violence subie par des employés serait établi.

Or, dit-on, quelques facteurs expliquent le délai avant de pouvoir aller de l’avant et accéder à la demande du syndicat.

«La modification d’une politique implique la consultation de différents intervenants du milieu afin que tous s’entendent sur les orientations à donner à la politique à l’étude. [...] Après confirmation auprès de la directrice du Service des ressources humaines, il appert que le roulement de personnel ces dernières années a entraîné un allongement involontaire dudit processus», écrit-on.

L’employeur ajoute que la question demeure importante à ses yeux et qu’il procédera aux changements qui s’imposent, sans préciser d’échéancier.