La Commission scolaire au Coeur-des-Vallées aimerait bien garder dans ses coffres les surplus engendrés par le transport scolaire sur son territoire.

La CSCV veut garder la mainmise sur ses surplus

La Commission scolaire au Coeur-des-Vallées (CSCV) demande à Québec de retirer de son projet de règles budgétaires 2018-2019 la disposition concernant les surplus liés au transport.

Autrement, ce sont près de 400 000 $ en surplus qui devaient être injectés dans le service aux élèves du territoire qui seront saisis par le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES) afin de financer « les transporteurs privés », déplorent les élus scolaires de la CSCV qui ont adopté mercredi soir une résolution afin de demander au ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, d’abolir cette nouvelle mesure et de laisser aux commissions scolaires l’usage complet de leurs excédents.

Par le passé, les commissions scolaires devaient remettre 50 % des surplus liés à la gestion du transport scolaire au gouvernement. L’autre partie du bas de laine pouvait être utilisé par la commission scolaire à sa guise pour dispenser des services directs aux élèves. En vertu de la récente disposition introduite par le MEES, Québec récupérera la totalité des surplus générés par les commissions scolaires qui font une gestion optimale de leurs circuits de transport.

Les commissaires de la CSCV déplorent la situation, d’autant plus que le MEES ne finance le transport scolaire qu’à la hauteur de 49 % alors que l’autre tranche de 51 % est payée par l’entremise de la taxe scolaire, ce qui revient à « taxer indirectement les contribuables », peut-on lire dans la résolution.

La résolution adoptée mercredi allègue également que la mesure de récupération mise de l’avant par le gouvernement va à l’encontre des « recommandations du Vérificateur général du Québec » et « des principes de bonne gestion. »

À la CSCV, ce sont 800 000 $ d’excédents qui ont été réalisés au cours de la dernière année en matière de gestion du transport, a rappelé hier son président, Éric Antoine.

Si la mesure du ministre Proulx est maintenue, c’est la totalité de cette somme qui sera perdue par la CSCV.

« On vient de se sortir d’un plan de redressement et maintenant on nous propulse vers une autre situation semblable. Il y a des services qu’on ne pourra plus se payer pour nos élèves à cause de ça », a affirmé M. Antoine, soulignant que la CSCV était l’une des plus performantes de la Belle Province avec la gestion de ce portefeuille de services.

Le sujet a fait bondir quelques élus de leur siège, dont certains étaient visiblement en colère.

« C’est l’équivalent de quatre enseignants que nous allons couper à notre commission scolaire. Le service aux élèves, ce sont quatre classes avec personne en avant, mais ils ont des chauffeurs de bus », a imagé de manière ironique le commissaire Stéphane Mongeon.

La directrice des ressources matérielles et financières à la CSCV, Nathalie A. Charette, a souligné que l’administration faisait d’importants surplus notamment grâce à l’optimisation de ses circuits et au choix d’autobus mis sur le réseau routier.

« Nous sommes l’une des seules commissions scolaires au Québec qui n’a pas de berline. Ça fait longtemps que nous avons compris que c’est un puits sans fond. Nous, on gère autrement en mettant des petits autobus sur la route à la place. C’est ce qui nous permet de faire ce genre d’économies », a-t-elle indiqué.

Une copie de la résolution sera acheminée au bureau du ministre Proulx ainsi qu’à l’ensemble des autres commissions scolaires du Québec.