Selon une étude publiée jeudi, plusieurs enfants de l’Outaouais passent plus de 45 heures par semaine à la garderie, ce qui est nettement au-dessus de la moyenne provinciale.

Heures supplémentaires à la garderie

C’est en Outaouais que l’on retrouve la plus forte proportion d’enfants ayant été gardés 45 heures ou plus par semaine avant leur entrée à l’école.

Ces chiffres ont été révélés dans l’Enquête québécoise sur le parcours préscolaire des enfants de maternelle 2017.

Les résultats de l’étude rendue publique jeudi par l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) montrent qu’à l’échelle provinciale, 11 % des enfants qui fréquentaient la maternelle cinq ans en 2016-2017 avaient auparavant été gardés pendant 45 heures ou plus chaque semaine. De toutes les régions du Québec, le taux le plus élevé est observé en Outaouais et atteint 17,1 %. Les régions de Laval et de Chaudière-Appalaches suivent avec des taux respectifs de 16,4 % et 14,5 %.

Professeure en éducation préscolaire à l’Université du Québec en Outaouais, Joanne Lehrer croit que les longues heures passées dans un service de garde découlent d’une conciliation travail-famille alourdie par le temps passé sur la route. Dans les trois régions où le taux d’enfants passant plus de 45 heures par semaine dans un service de garde est le plus élevé, bien des travailleurs doivent en effet traverser un pont chaque jour, que ce soit vers Ottawa, Montréal ou Québec.

« Il faut trouver des moyens pour que les employeurs soient plus souples afin de répondre aux besoins des parents, soutient Mme Lehrer. Les parents ne veulent pas laisser leurs enfants aussi longtemps, mais ils travaillent huit heures et ils savent que c’est long une journée en centre de la petite enfance (CPE) ou en garderie. »

L’enquête de l’ISQ, qui se base sur les données concernant plus de 11 500 enfants, souligne que les enfants qui passent davantage de temps dans un service de garde « ont un plus grand risque d’être considérés comme vulnérables dans au moins un domaine » que ceux qui y passent moins de temps. Ce risque plus élevé de vulnérabilité touche notamment les « compétences sociales » des enfants, indique l’étude de l’ISQ.

« Ça fait aussi des parents qui sont stressés, souligne Joanne Lehrer. Ils arrivent à la maison et ont besoin de commencer à préparer le souper, il faut donner le bain, et parfois aider les plus grands avec les devoirs, alors il n’y a pas assez de temps de qualité en famille. [...] L’enfant se retrouve avec un besoin qui n’est pas comblé, malgré la bonne volonté des éducatrices et des parents. »

Changement de milieu

La proportion d’enfants ayant fréquenté trois milieux de garde ou plus avant leur entrée en maternelle est elle aussi plus élevée en Outaouais (26,6 %) que la moyenne provinciale (22,2 %). L’ISQ souligne à cet égard que les enfants qui ont changé de milieu de garde à une ou plusieurs reprises sont plus susceptibles d’être vulnérables dans le domaine de la « maturité affective ».

Mme Lehrer note pour sa part qu’« il n’y a aucun parent qui décide de commencer en milieu familial pour ensuite aller dans une garderie privée puis en CPE », mais que les places limitées — entre autres pour les poupons — peuvent être en cause dans les changements de milieu de garde.