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Les membres du Syndicat du personnel professionnel des commissions scolaires de l’Outaouais se prononceront sur un mandat de grève équivalent à cinq jours de débrayage à exercer au besoin.
Les membres du Syndicat du personnel professionnel des commissions scolaires de l’Outaouais se prononceront sur un mandat de grève équivalent à cinq jours de débrayage à exercer au besoin.

Grève possible des professionnels dans les écoles de l’Outaouais

Daniel LeBlanc
Daniel LeBlanc
Le Droit
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Un autre syndicat du monde de l’éducation en Outaouais, cette fois celui représentant quelque 350 professionnels, invite ses membres à se prononcer sur un mandat de grève la semaine prochaine.

Le Syndicat du personnel professionnel du milieu scolaire de l’Outaouais (SPPMSO), affilié à la Fédération des professionnelles et professionnels de l’éducation du Québec (FPPE-CSQ), convie ses membres répartis dans les quatre centres de services scolaires de la région à une assemblée générale extraordinaire virtuelle le 20 janvier.

Pour l’instant, il s’agirait d’un mandat équivalent à cinq jours de débrayage à exercer au besoin. La stratégie n’est pas encore déterminée.

«À la table [de négociations] qui concerne uniquement les professionnels, ce qu’on nous dit, c’est que ça ne bouge pas. Nous avons fait énormément de concessions dans nos propres demandes, mais du côté patronal, c’est le statu quo depuis le dépôt de l’offre initiale, en décembre 2019. Il n’y a pas de marge de manoeuvre», affirme d’emblée la présidente du SPPMSO, Annie St-Pierre.

La convention collective est échue depuis le 31 mars 2020.

«L’un des enjeux les plus importants, c’est toute la question de l’attraction et de la rétention du personnel. On veut que des mesures concrètes soient mises en place pour différents corps d’emploi pour lesquels c’est difficile de recruter des gens d’expérience. Il y a par exemple la pérennisation de la prime des psychologues. Il y a aussi des enjeux concernant les conseillers pédagogiques, parce que depuis au moins 2010, il y a des discussions au sujet de l’équité salariale, mais ça ne fait que tourner en rond. Quand on regarde leurs conditions, ce n’est pas du tout attractif, en comparaison aux enseignants par exemple, et c’est d’ailleurs reconnu par plusieurs centres de services scolaires. On sait que les directions générales sont au courant que c’est une problématique et aimeraient que des mesures soient déployées, mais ça flotte toujours», dit-elle.

La présidente du Syndicat du personnel professionnel du milieu scolaire en Outaouais, Annie St-Pierre

Le SPPCSO représente, entre autres, les orthopédagogues, les orthophonistes, les travailleurs sociaux, les bibliothécaires, les ergothérapeutes, les psychoéducateurs, les conseillers en orientation, les animateurs à la vie étudiante ainsi que des analystes.

Dans la sphère de l’éducation, deux syndicats de la région s’apprêtent donc à sonder leurs membres sur la possibilité d’un débrayage. Mardi, on apprenait que le Syndicat du soutien scolaire de l’Outaouais (SSSO) fera le même exercice dans quelques jours.

Mme St-Pierre ajoute que tout ce qui concerne les contrats est un autre «phénomène très préoccupant» chez les professionnels du milieu scolaire.


« Dans les offres actuelles, on a encore plus recours à la sous-traitance. »
Annie St-Pierre

«Il y a par exemple beaucoup de soutien en orthophonie qui est donné en sous-traitance, à des firmes avec des travailleurs autonomes. Ce sont des gens qui ne font pas partie des équipes-écoles, alors ça créé des embûches. On souhaite que ces gens-là soient ramenés dans le réseau plutôt qu’on ait à se tourner vers l’externe. Or, dans les offres actuelles, on a encore plus recours à la sous-traitance. C’est important que les gens soient au sein du réseau pour créer de véritables partenariats avec les enseignants et les autres professionnels qui interviennent auprès des élèves», affirme Mme St-Pierre.

Cette dernière croit-elle que dans le contexte actuel de crise sanitaire, la population sera derrière les syndiqués advenant une éventuelle grève?

«C’est une question avec laquelle on a beaucoup jonglé. On voit que les parents réalisent que les conditions d’exercice ne sont pas faciles, et tout cela date de longtemps avant la pandémie. Un véritable coup de barre serait nécessaire pour s’assurer que les services soient pertinents à long terme. On sent cette préoccupation-là. Par contre, dans le contexte actuel, on sait que n’importe quelle fermeture d’école, c’est difficile à porter pour les parents. Nous non plus, ce n’est pas ce qu’on souhaite», conclut-elle.