Les enseignants d’Ottawa, comme partout en Ontario, ont tenu une journée de grève. Les négociations avec le gouvernement Ford sont rompues depuis mardi soir.

Grève du personnel de soutien des écoles d'Ottawa: les salaires au cœur du litige

Sans contrat de travail depuis la fin août, des centaines d’employés de soutien affiliés à la Fédération des enseignantes-enseignants des écoles secondaires de l’Ontario (FEÉSO) œuvrant dans les écoles francophones d’Ottawa et de l’Est ontarien ont débrayé le temps d’une journée mercredi.

Ils ont érigé des piquets de grève à quelques endroits dans la capitale à l’occasion de cette grève de 24 heures décrétée par la FEÉSO, qui représente quelque 60 000 membres à travers la province.

En raison du débrayage, les cours étaient suspendus dans toutes les écoles du Conseil des écoles catholiques du Centre-Est (CECCE), du Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario (CEPEO) et du Conseil scolaire de district catholique de l’Est ontarien (CSDCEO), au même titre que la majorité des services de garde des écoles élémentaires étaient fermés.

Rencontrée par Le Droit devant une école secondaire d’Ottawa, la présidente de l’unité 66 du FEÉSO, Marie-Claude Thibeault, a réitéré que la rémunération s’avère l’un des principaux points en litige dans les négociations avec le gouvernement Ford et les employeurs.

« Le nœud du problème, pour nous, c’est surtout le salaire. On demande d’avoir au moins une hausse qui représente le coût de la vie (2 %), alors qu’avec la loi que le gouvernement vient d’adopter, c’est 1 % par an pour les trois prochaines années. Nous sommes déjà en arrière de ça, ça fait des années qu’il n’y a pas eu d’augmentation substantielle. La moyenne salariale des gens que je représente est entre 38 000 et 42 000 $ par année. Plusieurs personnes sont monoparentales et peinent à arriver avec un petit salaire comme ça. L’autre gros point, qu’on ne veut pas perdre, c’est la sécurité d’emploi. Le gouvernement effectue des coupures », dit-elle, ajoutant que la hausse du nombre d’élèves par classe aura aussi des impacts sur le personnel de soutien.

Se disant amère envers le gouvernement Ford, Mme Thibeault affirme aussi craindre une baisse des services offerts aux élèves en difficulté ou ayant des besoins particuliers.

« Je vais taire les mots qui me sortiraient de la bouche, car ce ne serait peut-être pas beau. Ça en dit très long. Ce n’est définitivement pas un gouvernement favorable à l’éducation, c’est très triste ce qui se passe. On avait l’un des meilleurs systèmes au monde, pas seulement au Canada, et là il est en train de tout débâtir », lance-t-elle.

Sur les piquets de grève, de nombreux automobilistes klaxonnaient en guise d’encouragement pour les grévistes qui avaient en main des drapeaux sur lesquels on pouvait lire : « Aucune coupure en éducation ».

« On comprend ce que vivent les parents, on a fait une grève d’un jour justement pour limiter les dommages. Selon nos sondages, la plupart des parents sont de notre côté, notre but est de ne pas les frustrer », ajoute Mme Thibeault.

Par ailleurs, le Conseil scolaire du district d’Ottawa-Carleton s’est excusé sur les médias sociaux après avoir été critiqué pour avoir effectué des appels automatisés au cours de la nuit pour confirmer l’annulation des cours.

Les cours reprendront selon l’horaire régulier jeudi. La grève du zèle, entamée à la fin novembre, va quant à elle se poursuivre. Par exemple, les employés ne participent plus aux réunions non rémunérées du personnel en dehors de la journée scolaire normale.

Les négociations se poursuivent entre les parties et le syndicat n’a pas révélé ses intentions pour les jours à venir.

Mardi soir, le ministre de l’Éducation, Stephen Lecce, a demandé à la FEÉSO de renoncer à la grève, affirmant que son équipe de négociation avait présenté un nouveau « cadre » au syndicat afin de maintenir toutes les parties à la table. Mais le président du syndicat, Harvey Bischof, a déclaré que le médiateur au dossier n’avait rien apporté de neuf aux enseignants et aux employés de soutien, disant qu’aucun progrès n’avait été accompli depuis des jours.

Notons que la FEÉSO ne représente pas les enseignants des conseils scolaires francophones, ceux-ci étant plutôt représentés par l’Association des enseignantes et enseignants franco-ontariens (AEFO), syndicat qui tiendra un vote sur un mandat de grève du 18 au 20 décembre.

Deux autres syndicats, la Fédération des enseignantes et des enseignants de l’élémentaire de l’Ontario (FEEO) et l’Ontario English Catholic Teachers’ Association (OECTA), se sont dotés de mandats de grève dans les dernières semaines.

À l’heure actuelle, le SCFP est le seul syndicat dans le monde de l’éducation en Ontario à avoir ratifié une entente avec le gouvernement.