C’est avec tambours et trompettes que les enseignants de l’Ontario ont bruyamment fait sentir leur présence à l’extérieur de l’Assemblée législative de l’Ontario, jeudi, à Toronto.

Grève des enseignants: manifestation par milliers à Queen’s Park

TORONTO — Sous le son bourdonnant des milliers de manifestants rassemblés à l’extérieur de l’Assemblée législative de l’Ontario, jeudi, le premier ministre Doug Ford continuait de défendre sa position récemment révisée sur la taille des classes et les cours en ligne.

Les tambours et les cris des Ontariens frustrés par les mesures du gouvernement Ford en éducation se faisaient entendre en Chambre, jeudi. Cela n’a pas empêché le premier ministre de rappeler les récentes concessions faites par son gouvernement.

Depuis qu’il a annoncé qu’il proposait un recul sur la taille des classes et sur les cours en ligne obligatoires, une offre qu’il juge équitable, le ministre de l’Éducation Stephen Lecce a exhorté les syndicats à maintes reprises d’annuler les débrayages prévus jeudi.

Or, ce recul du gouvernement n’a pas encore permis une entente avec les syndicats, tel que l’espérait le ministre.

« Je croyais honnêtement qu’il y avait une bonne chance que les syndicats décident de prendre une journée pour cesser les débordements. Je croyais qu’ils auraient annulé les grèves d’aujourd’hui. (...) C’est regrettable qu’ils aient décidé d’empirer la situation, mais je ne perds pas espoir envers eux et envers le processus. Je veux qu’ils reviennent à la table de négociations. »

Le ministre ontarien de l'Éducation, Stephen Lecce

M. Lecce soutient que si les enseignants veulent conserver la taille des classes actuelles et pouvoir offrir un soutien complet aux programmes d’éducation spécialisée, ils devront accepter une augmentation salariale limitée à 1 % par année.

Grand débrayage

Le grand débrayage impliquant des membres de trois syndicats en éducation jeudi s’est aussi déroulé aux quatre coins de la province.

L’ensemble des écoles francophones représentées par l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens étaient fermées jeudi. Une grève d’un jour était aussi organisée par les membres de l’Association des enseignantes et des enseignants catholiques anglo-ontariens.

L’autre syndicat impliqué dans les manifestations de jeudi, la Fédération des enseignantes-enseignants des écoles secondaires de l’Ontario, a pour sa part organisé une journée de grève tournante touchant neuf conseils scolaires anglophones ontariens.

Les membres de la Fédération des enseignants anglophones de l’élémentaire n’ont pas rejoint leurs collègues pour participer à la journée de grève de jeudi.

Il n’y avait pas seulement à Queen’s Park que les enseignants ont manifesté, les manifestants étaient bien présents devant le Collège français, à Toronto.

La convention collective des travailleurs de l’éducation ontariens est venue à échéance le 31 août dernier. Depuis, les syndicats ont eu quelques dizaines de journées de négociation avec le gouvernement de l’Ontario, sans être en mesure d’en venir à une entente.

Une journée de manifestation historique a eu lieu le 21 février dernier alors que les cours ont été paralysés dans plus de 5000 écoles ontariennes, touchant plus de deux millions d’élèves du primaire et du secondaire.

Par ailleurs, aucune négociation n’était prévue entre le gouvernement et les syndicats cette semaine.