Les étudiants en grève réclament une prise de position claire du gouvernement de François Legault sur la question de la rémunération des stages.

Grève de 1200 étudiants de l'UQO pour réclamer des stages rémunérés

Quelque 1200 étudiants de l’Université du Québec en Outaouais (UQO) sont en grève cette semaine pour revendiquer la rémunération de leurs stages.

Ce débrayage, qui touche tant les stages que les cours, est observé dans la région par les étudiants de premier cycle en travail social et ceux des modules de l’éducation, des sciences sociales et de psychoéducation de l’UQO. À l’échelle provinciale, le mouvement de grève regroupe 54 000 étudiants.

Des lignes de piquetage auront lieu toute la semaine devant les cours, tandis qu’une manifestation est prévue mercredi après-midi.

L’une des porte-paroles des étudiants en grève de l’UQO, Mélodie Pelletier, a indiqué que tout s’est bien déroulé lundi matin, alors que les cours des modules concernés ont été suspendus en raison du piquetage.

Étudiante en travail social, Mme Pelletier affirme que de nombreux étudiants vivent des problèmes de santé mentale en raison de leurs horaires surchargés, un poids qui pourrait, dit-elle, être allégé avec des stages rémunérés.

« Ce qu’on nous demande, c’est impossible, c’est trop d’avoir un stage presque à temps plein en plus de nos heures de cours de nos travaux, dénonce-t-elle. Vu que nous ne sommes pas payés pour les stages, il faut qu’on travaille en plus. On n’a pas le temps de s’arrêter, de dormir. Voir nos amis, on oublie ça. Il y a aussi des étudiants qui sont parents et qui ont des enfants dont ils doivent s’occuper. »

Mélodie Pelletier souligne par ailleurs que les domaines dans lesquels les stages ne sont pas rémunérés sont à prédominance féminine. « Dans tout ce qui est historiquement masculin, comme l’ingénierie ou l’informatique, les stages sont payés, même que le gouvernement donne des subventions aux entreprises pour les stages », dit-elle.

Alors que la Coalition avenir Québec a pris le pouvoir le mois dernier, les étudiants en grève réclament une prise de position claire du nouveau gouvernement sur la question de la rémunération des stages.

« On veut vraiment engager un dialogue avec le gouvernement, précise Mme Pelletier. [...] La prochaine étape, si le gouvernement ne répond pas à nos demandes, c’est la grève générale illimitée cet hiver. »

Par solidarité avec ce mouvement de grève des étudiants, le Syndicat des chargées et chargés de cours (SCCC-UQO) a décidé d’annuler toutes les activités de la 18e édition de la Journée nationale des chargées et chargées de cours, qui se tient chaque année le 22 novembre.

L’UQO a pour sa part précisé sur sa page Facebook que l’établissement demeure ouvert malgré le mouvement de grève.