Gee-Gees: l'Université d'Ottawa refuse de dévoiler le rapport indépendant

Au moment où les joueurs suspendus des Gee Gees de l'Université d'Ottawa (Ud'O) obtiennent officiellement la permission d'aller jouer ailleurs, l'an prochain, l'institution refuse toujours de rendre public le rapport d'un enquêteur indépendant sur les allégations d'agression sexuelle.
La direction de l'université invoque une panoplie d'articles de la Loi sur l'accès à l'information pour refuser de répondre à une demande déposée par LeDroit, au début du mois de juillet, afin de connaître la teneur du rapport de Steven Gaon.
Cet enquêteur indépendant a été embauché pour mener des entrevues avec les personnes impliquées dans les allégations de «consommation d'alcool excessive» et d'«inconduite sexuelle», lors d'un séjour des Gee Gees à Thunder Bay, en février dernier.
Son rapport, remis sur le bureau du recteur Allan Rock au début du mois de juin, dans le cadre d'une vaste enquête interne, a largement contribué à la décision de l'établissement de maintenir la suspension du programme de hockey masculin pour l'ensemble de la saison 2014-2015. Dans la foulée, la direction de l'université a aussi renvoyé son entraîneur-chef et gestionnaire du programme de hockey, Réal Paiement.
Depuis, l'université protège minutieusement ce rapport. La seule conclusion qui a filtré jusqu'ici est que «le comportement de certains joueurs a été inacceptable, ne reflétant pas les valeurs de l'université et ne répondant aucunement aux attentes de l'université à l'égard de ses étudiants-athlètes».
L'enquêteur indépendant a aussi estimé que les événements de Thunder Bay, toujours sous enquête par la police locale, «représentent un cas isolé». La police de Thunder Bay n'a d'ailleurs pas encore déposé d'accusations.
La directrice du Bureau de l'accès à l'information de l'Ud'O, Tracy Murray, invoque entre autres la protection des renseignements personnels et le secret professionnel d'un avocat pour refuser l'accès au document.
Rappelons que pour protéger des renseignements personnels ou l'identité de personnes citées dans un rapport, les organismes publics assujettis à cette loi peuvent caviarder des passages d'un document.
Les appels du Droit au Bureau de l'accès à l'information de l'Ud'O sont demeurés sans réponse. Une demande de révision a été déposée au Commissaire de l'accès à l'information et de la protection de la vie privée de l'Ontario.
Autorisés à jouer ailleurs
Par ailleurs, Sport interuniversitaire canadien a confirmé que les joueurs suspendus des Gee Gees pourront se tourner vers une autre équipe universitaire l'an prochain, et ce, sans pénalité.
Certains joueurs vont cependant perdre de généreuses bourses d'études qu'ils avaient obtenues à Ottawa.
Le directeur des communications institutionnelles de l'Ud'O, Patrick Charette, a indiqué que l'institution a été avisée de la décision au cours des derniers jours, mais n'a pas été impliquée dans le processus.
Il y a quelques semaines, des joueurs ont indiqué qu'ils pourraient intenter une poursuite contre l'Ud'O.
«Vous avez une équipe de 24 joueurs. Mon information est que vous en avez, au grand maximum, trois qui font face à des allégations d'implication dans une inconduite. La police n'a pas déposé d'accusations, l'université a mené une enquête pendant presque six mois et il y a, selon mes mathématiques, 21 joueurs qui n'ont rien fait de mal, mais qui, dans certains cas, vont voir leurs carrières prendre fin en plus de voir leur réputation être entachée en raison de la politique ou la pratique de cette université de punir tout le monde pour les péchés allégués de quelques-uns», avait déclaré l'avocat d'Ottawa Lawrence Greenspon, qui représente une poignée de joueurs.