Le recteur de l'Université d'Ottawa, Jacques Frémont, discute avec le procureur général de l'Ontario, Yasir Naqvi, sous le regard amusé du trésorier du Barreau du Haut-Canada, Paul Schabas.

Garder l'esprit de la loi... en français

Les membres francophones du Barreau du Haut-Canada peuvent maintenant lutter contre l'assimilation, douze heures à la fois. Les parajuristes et avocats de l'Ontario ont, depuis vendredi, accès à de la formation continue, 100 % francophone.
Les douze heures en question sont la période obligatoire à consacrer annuellement à la formation continue, chez les avocats et professionnels qui désirent garder leur permis de pratique. Depuis longtemps, plusieurs membres devaient se rabattre sur des formations en anglais, faute d'offre de services dans la langue de Molière.
Vendredi, des responsables de l'Université d'Ottawa et des représentants du gouvernement de l'Ontario ont lancé le premier Centre de formation professionnelle continue en français. Criminalistes et civilistes pourront suivre leurs formations en ligne, ou en personne.
Pour l'instant, les formations en personne sont majoritairement données à l'Université d'Ottawa, mais le responsable du projet et professeur adjoint à la Faculté de droit, Alain Roussy, espère que le projet pilote fasse des petits d'Ottawa à Sudbury, en passant par Toronto.
Ce portail permet déjà aux avocats de l'Ontario de suivre des formations en ligne.
M. Roussy reconnaît les effets pervers que peuvent avoir des formations, pour la plupart du temps en anglais, dans un univers majoritairement anglophone, malgré une culture et une pratique du droit francophone.
« Nous sommes une petite minorité francophone. Quand cela fait cinq ou dix ans que tu travailles majoritairement en anglais, peut-être que tu commences à perdre un peu de facilité à pratiquer dans ta langue, que tu perds tes outils. »
Les termes juridiques, les concepts de droit et, le vocabulaire sont souvent pointus dans le domaine judiciaire. Et le marché est bien différent des bancs d'école.
« L'éducation (en français) est déjà faite dans le plus de secteurs possible, ajoute la ministre déléguée aux Affaires francophones, Marie-France Lalonde. On répond à la demande du marché, (mais) un professionnel qui a fait ses études dans un domaine clé, et qui ne pratique plus dans sa langue d'enseignement, il va la perdre. »
M. Roussy souhaite que le projet pilote PratiquO, qui a jusqu'au mois d'août 2018 pour prouver son utilité, prenne son envol d'un océan à l'autre. « D'ici un an, on veut que ça devienne pancanadien. On veut aller chercher des échantillons dans les autres provinces (hors Québec). Au plus tard en 2018, on veut aller chercher du financement au fédéral. »
Par ailleurs, la ministre Lalonde se dit « tout à fait » d'accord avec le prolongement de cette idée de formation continue en français dans d'autres domaines, comme la santé ou la petite enfance. « On regarde le manque de ressources humaines, les capacités au niveau de plusieurs environnements, cela (le projet pilote) peut nous ouvrir des portes, cette association-là.
Le gouvernement ontarien a investi 100 000 $ dans le projet PratiquO.