Le président de la CSCV, Éric Antoine

Formation professionnelle: la reconnaissance entre provinces

Les commissions scolaires de l’Outaouais s’apprêtent à faire front commun auprès du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES) afin que le marché de l’emploi ontarien soit reconnu par Québec lors de l’octroi de nouveaux programmes en formation professionnelle.

Les élus de la Commission scolaire au Coeur-des-Vallées (CSCV) ont adopté, mercredi soir, une résolution dans laquelle ils demandent au MEES que le marché ontarien de proximité à la région de l’Outaouais soit reconnu dans l’adéquation formation-emploi ministérielle.

Les trois autres commissions scolaires de la région devraient faire de même d’ici la fin janvier, une fois que leur conseil des commissaires respectif aura statué sur la question.

Selon les statistiques évoquées par la CSCV, ce sont 70 870 résidents du Québec qui travaillent dans une autre province.

De ce nombre, ils sont 60 000 à exercer leurs fonctions en Ontario, principalement à Ottawa, allègue-t-on. 

Or, lorsqu’une demande est logée à Québec pour la création d’un nouveau diplôme d’études professionnelles, l’analyse du ministère ne prend pas en ligne de compte le bassin potentiel de main d’œuvre sur la rive ontarienne, plaide la CSCV.

« Quand on dépose une demande pour un nouveau programme, le ministère ne reconnaît pas que nous sommes une région de proximité avec l’Ontario. Nous avons plusieurs gens qui travaillent de l’autre côté de la rivière et auxquels on ne peut pas offrir les programmes répondant à leurs besoins. [...] Il faut prendre en considération le nombre de personnes qui traversent le pont tous les jours », explique le président de la CSCV, Éric Antoine. 

À titre d’exemple, la CSCV souligne le cursus de mécanique de machines fixes qui a été refusé à trois reprises à l’Outaouais ces dernières années. C’est finalement un établissement de Sherbrooke, en Estrie, qui a obtenu le programme. 

« Avec tous les édifices gouvernementaux qu’il y a à Gatineau, mais surtout à Ottawa, ce programme là en particulier atteindrait les objectifs. Il y a de la job dans ce domaine. Ce serait porteur, mais le ministère ne prend pas ça en considération », ajoute le vice-président de la CSCV, Sylvain Tremblay.

Selon Éric Antoine, le sujet sera discuté les 5 et 6 février, lors des journées de réflexion prévues entre les commissions scolaires de la province et le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx.