Le gouvernement de Doug Ford a éliminé la gratuité des frais de scolarité pour les étudiants à faible revenu, tout en réduisant ces frais de scolarité pour l’ensemble des étudiants.

Fini la gratuité pour les étudiants démunis

TORONTO — Le gouvernement de l’Ontario élimine la gratuité des frais de scolarité pour les étudiants à faible revenu alors qu’il tente de réduire son déficit de plusieurs milliards de dollars. Cette démarche — malgré qu’elle soit conjuguée à une réduction des frais de scolarité — est considérée par plusieurs comme risquant de nuire à ceux qu’elle est censée aider.

Les subventions du Régime d’aide financière aux étudiantes et étudiants de l’Ontario (RAFEO) étaient devenues insoutenables et il était temps de recentrer le programme afin d’aider les étudiants les plus démunis, a soutenu la ministre de la Formation et des Collèges et Universités, Merrilee Fullerton.

Le précédent gouvernement libéral avait augmenté le nombre de bourses et permis aux étudiants à faible revenu de fréquenter gratuitement un collège ou une université. Mais la vérificatrice générale a constaté le mois dernier que les coûts de ce programme avaient bondi de 25 % et a averti qu’il pourrait atteindre 2 milliards $ par an d’ici 2020-2021.

Les conservateurs du premier ministre Doug Ford sont en train d’essayer de réduire le déficit, qu’ils évaluent à 14,5 milliards $, bien que la vérificatrice affirme qu’il est plus près de 12 milliards $.

En vertu du programme libéral RAFEO, les familles gagnant jusqu’à 175 000 $ pouvaient être admissibles à une aide financière et ce seuil est maintenant ramené à 140 000 $. Les étudiants à faible revenu pouvaient être admissibles à des subventions suffisantes pour couvrir la totalité des frais de scolarité dans le régime précédent, mais désormais, une partie du financement qu’ils recevront sera sous la forme d’un prêt.

La plupart des bourses iront aux étudiants dont les familles ont un revenu inférieur à 50 000 $.

Dans le même temps, les frais de scolarité seront réduits de 10 %, a annoncé le gouvernement. L’administration Ford a fait valoir que ces actions aideront les étudiants ayant les besoins financiers les plus importants, mais des étudiants et des détracteurs estiment que ce ne serait pas le cas.

« En rétablissant le modèle 2016-2017, les étudiants contractent davantage de prêts, ce qui signifie qu’ils doivent le rembourser avec intérêts », a déploré Nour Alideeb, président de la FCÉÉ.