Près de 200 demandes d’exemption de parents pour le cours d’éducation à la sexualité auraient été acceptées uniquement à la commission scolaire des Portages-de-l’Outaouais au cours de la dernière année.

Exemptions du cours d’éducation à la sexualité: quelques réponses de la CSPO

La commission scolaire des Portages-de-l’Outaouais (CSPO) a indiqué que les exemptions au cours d’éducation à la sexualité qui ont été accordées à certains de ses élèves reposaient sur des motifs basés sur les torts psychologiques que cela pourrait causer à des enfants et sur la Charte des droits et libertés.

C’est ce qu’a confirmé mardi soir le directeur général adjoint de la CSPO, Stéphane Lacasse, durant une période de questions qui a suivi une soirée d’information pour les parents sur les contenus en éducation à la sexualité.

Quatre-vingts pour cent des dérogations à travers toute la province ont été accordées dans l’une des écoles de la CSPO, a-t-on appris cette semaine. La commission scolaire gatinoise a accordé 192 exemptions. Rappelons que depuis 2018, tous les élèves québécois reçoivent entre 5 et 15 heures de cours d’éducation à la sexualité par année scolaire.

M. Lacasse a précisé que les deux motifs d’exemption ont été prévus par le ministère de l’Éducation.

Des raisons religieuses motiveraient des parents à demander une exemption aux cours pour leur enfant, en vertu de la Charte. Le motif basé sur les torts s’applique notamment aux enfants qui auraient été victimes d’agression sexuelle.

« À la commission scolaire, malgré ce qu’on a pu entendre que l’on est celle où il y en a le plus eues, je peux vous assurer que toutes les règles ministérielles ont été respectées de façon intégrale, et que toute la procédure que le ministère a établie au niveau des demandes d’exemption ont été suivies pour l’ensemble des situations que nous avons eues à gérer à ce niveau-là », a-t-il expliqué.

M. Lacasse n’a pas voulu s’aventurer plus en détail devant les parents sur les cas d’exemption, et la question à savoir pourquoi le nombre d’exemptions est si élevé à la CSPO demeure sans réponse. À titre comparatif, la commission scolaire des Draveurs, deux des trois demandes reçues ont été acceptées. Aucune demande n’a été faite aux commissions scolaires au Coeur-des-Vallées et des Hauts-Bois-de-l’Outaouais.

« Savoir que mes enfants sont en train de grandir dans la commission scolaire, dans la communauté où il y a le plus haut taux d’analphabétisme sexuel, ça me pose problème, a déclaré un intervenant à la session d’information, tout en rappelant que les cours sont obligatoires. Je ne vois absolument rien là-dedans [le contenu des cours] qui pose atteinte à la liberté de pratiquer la religion ».

Un parent à la réunion a déploré le contenu du programme, signalant que l’objectif de l’école n’est pas de parler de « plaisir sexuel, de sensations agréables ou de fantasmes ».