Des propos du président de la CSD, Claude Beaulieu, lors de son passage le mois dernier devant la commission parlementaire sur le projet de loi 40, ont piqué au vif les directions d’écoles de l’Outaouais, au point où des excuses officielles lui ont été réclamées.

Excuses réclamées au président de la CSD

Des propos du président de la Commission scolaire des Draveurs (CSD), Claude Beaulieu, lors de son passage le mois dernier devant la commission parlementaire sur le projet de loi 40, ont piqué au vif les directions d’écoles de l’Outaouais, au point où des excuses officielles lui ont été réclamées.

Selon l’Association des directions d’établissement d’enseignement de l’Outaouais québécois (ADEOQ), M. Beaulieu a laissé entendre dans un échange avec le ministre de l’Éducation, Jean-François-Roberge, que les directions d’écoles sont en faveur du projet de loi 40 sur la gouvernance scolaire entre autres dans le but de revendiquer des hausses salariales.

«Ces accusations sont totalement fausses et insidieuses. La Fédération québécoise des directions d’établissement a reconnu lors de son passage en commission parlementaire que les directions ne bénéficieraient pas de plus de pouvoirs, mais qu’elles devront gérer leurs écoles de manière différente. Par la présente, au nom des membres de l’ADEOQ, nous vous demandons des excuses officielles en lien avec vos propos. [...] Vous comprendrez qu’afin de maintenir un climat de travail respectueux et convivial, cette démarche de votre part nous apparaît essentielle», écrit la présidente Nancy Lamothe dans une lettre dont Le Droit a obtenu copie.

Aussi président de la concertation des commissions scolaires de l’Outaouais, M. Beaulieu a comparu en commission parlementaire le 12 novembre à Québec en compagnie de son homologue de la Commission scolaire des Portages-de-l’Outaouais, Mario Crevier, pour manifester son opposition au projet de loi qui abolirait la démocratie scolaire.

Dans une missive datée du 21 novembre aussi obtenue par Le Droit, M. Beaulieu ne s’excuse pas, mais répond à l’ADEOQ en se disant étonné de l’interprétation de ses propos.

«Mon intervention était en réponse au ministre Roberge, qui citait constamment votre position associative très favorable à son projet de loi. J’ai fait le lien entre plus de responsabilités pour les directions d’établissement et une possible revendication d’augmentation salariale qui serait d’ailleurs pleinement justifiée. Le ministre a toujours affirmé que sa réforme entraînerait des économies. Lors de mes interventions, j’ai déploré le fait qu’un directeur d’établissement avait le même niveau salarial qu’un enseignant en Ontario», explique-t-il.

Au sujet de la position des associations de directions d’école en faveur du projet de loi 40, le président de la CSD soutient dans sa lettre y voir une certaine contradiction.

«Je vous rappelle que le programme de formation de l’école québécoise demande d’enseigner la démocratie à nos élèves. Ce qui est contradictoire avec votre position d’abolir la démocratie scolaire», écrit M. Beaulieu.

En entrevue, la présidente de l’ADEOQ, Nancy Lamothe, a remis les pendules à l’heure même si elle ne veut pas en faire une «vendetta».

«C’est insultant, car ça veut dire que nous ne sommes pas assis-là pour la bonne chose et qu’on ne se préoccupe pas de la réussite de l’élève. Il y a longtemps qu’on ne serait plus assis dans notre chaise si notre seule préoccupation était notre salaire. Peu importe la tournure des événements, on doit continuer le mandat qu’on a de faire des citoyens qui vont bien évoluer dans la société», dit-elle.