Esther Bernard enseignera à 20 élèves dans sa classe de 4e et 5e année à l’école élémentaire Michel-Dupuis, dès mardi.

Enseigner la fierté d’être francophone

Enseigner en français dans un conseil scolaire francophone est une fierté pour Esther Bernard qui entamera sa première rentrée scolaire au sein du Conseil des écoles publiques de l’est de l’Ontario (CEPEO).

Mme Bernard enseignera à 20 élèves dans sa classe de 4e et 5e année à l’école élémentaire Michel-Dupuis, dès mardi. Son parcours personnel lui a montré l’importance du français dans un milieu minoritaire et c’est ce qu’elle compte inculquer à ses élèves.

« J’ai grandi dans un milieu francophone, mais j’ai étudié en anglais à partir du secondaire et mon premier bac je l’ai fait à l’Université Carleton en anglais. Quand je me suis rendue compte que je perdais mon français, j’ai décidé de faire une mineure en français à Carleton. C’est à ce moment-là que j’en ai appris plus à propos de la culture francophone à travers le monde, pas seulement ici en Ontario. Ça m’a donné une identité plus profonde et je veux que mes élèves vivent ça. Qu’ils sachent que les francophones ont un but dans la société et que le Canada est un pays bilingue même si on est dans un milieu minoritaire. Je veux qu’ils aient cette fierté que j’ai eue après ma mineure à l’Université », raconte l’enseignante.

Ce sentiment de fierté l’a poussé à vouloir faire carrière en éducation dans la langue de Molière.

Après ses études à l’Université d’Ottawa, elle a travaillé comme enseignante en français langue seconde dans une école privée anglophone d’Ottawa. Elle assumait les mêmes fonctions l’an dernier au sein du conseil scolaire catholique anglophone.

« C’est la première fois que je vais enseigner toutes les matières cette année. Il y aura beaucoup de nouvelles choses, mais je suis tellement excitée, confie Mme Bernard. Ça va être différent, je vais pouvoir m’exprimer en français toute la journée et je sens déjà que je fais partie d’une équipe. »

Au-delà de l’école
L’école élémentaire publique Michel-Dupuis a pignon sur rue dans le secteur Manotick au sud d’Ottawa.

Un autre défi pour Mme Bernard sera d’intéresser les jeunes à la francophonie dans un milieu majoritairement anglophone.

La langue de Molière doit se vivre à l’extérieur des murs de l’école, croit-elle.

« Il faut que les jeunes demandent de se faire servir en français. Ça va leur permettre de se sentir plus importants en tant que francophones et la communauté va voir qu’il y a un besoin », mentionne l’enseignante qui veut aussi établir une relation avec les parents. Ces derniers ont un rôle à jouer pour alimenter la fierté francophone.

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LES DÉFIS DU RECRUTEMENT

La hausse d’inscription au sein des deux conseils scolaires francophones de la région crée une pression sur le processus de recrutement.

Quelque 700 élèves de plus que l’an dernier feront leur entrée en classe mardi tant du côté du Conseil des écoles catholiques du Centre-Est (CECCE) que du Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario (CEPEO).

Les deux conseils puisent dans le même bassin de personnel qualifié francophone. Ils doivent aussi se démarquer des autres employeurs comme les universités et les collèges de la région.

Le CECCE est allé recruter du personnel jusqu’à Vancouver et au Manitoba en plus de recruter à Toronto, Sudbury, Québec, Gatineau et l’Abitibi.

Au CEPEO on sollicite les professionnels de l’Ontario, du Québec, mais aussi du Nouveau-Brunswick.

« La croissance, c’est tout le temps à double tranchant. C’est tout le temps heureux et malheureux en même temps. Ça met beaucoup de pression sur les équipes pour aller chercher des gens. À cause de la pénurie de main-d’œuvre, ça met une pression », concède François Laperle, directeur des ressources humaines au CEPEO.

Des deux côtés on affirme être prêt pour la rentrée scolaire, bien que quelques ajustements devront être effectués.

Au CECCE les 1560 postes en enseignement régulier sont pourvus, à part quelques exceptions. La campagne de recrutement massive au printemps compte pour beaucoup selon le directeur adjoint aux ressources humaines.

« On a été très agressif au niveau du recrutement et ç’a porté fruit. On avait au total 266 postes d’affichés en enseignement, dont 160 réguliers. On essaie d’avoir de plus en plus de postes réguliers parce que c’est plus attirant. Nos postes sont pratiquement tous pourvus, on s’en tire bien », explique Jean-Éric Lacroix.

Près de 1300 enseignants réguliers feront leur rentrée au CEPEO. Le défi des deux conseils repose sur le recrutement des suppléants.

« Au niveau des postes occasionnels, c’est toujours une problématique depuis environ deux ans. On a fait le pari de tenir une foire de l’emploi en début d’année (le 15 septembre à l’école De La Salle). On s’est dit que c’est le meilleur moment parce que les gens reviennent de vacances et vont recommencer à chercher des emplois », soutient M. Laperle.