La Commission scolaire des Portages-de-l’Outaouais songe à recruter des enseignants à Sudbury et en France.

Enseignants recherchés à la CSPO

Confrontée à une pénurie de personnel enseignant – une quinzaine de postes sont toujours à combler en vue de la rentrée des classes dans un mois et demi – la Commission scolaire des Portages-de-l’Outaouais (CSPO) fait activement de l’œil aux enseignants qualifiés hors Québec.

Les enseignants œuvrant sur la rive ontarienne, qui doivent composer avec des suppressions de postes et des compressions en éducation annoncées par le gouvernement Ford, sont particulièrement dans la mire de la commission scolaire. 

Une campagne publicitaire intitulée Ici, on ne coupe pas, on embauche a d’ailleurs été mise en branle l’hiver dernier sur les médias sociaux.

« Le premier ministre de l’Ontario nous a rendu un petit service avec l’adoption de son dernier budget, en augmentant le nombre maximal d’élèves par classe. On mise un peu là-dessus pour les attirer », soutient d’emblée la directrice des ressources humaines de la CSPO, Lucie Plouffe.

Une session d’information s’adressant aux enseignants qualifiés à l’extérieur de la Belle Province est prévue le 22 août au pavillon Lucien-Brault de l’Université du Québec en Outaouais (UQO) afin d’informer les intéressés sur le fonctionnement du système scolaire québécois. 

Une rencontre visant à informer les gens sur les procédures à suivre pour obtenir son brevet d’enseignement avait eu lieu en mars dernier. 

Une autre est prévue ultérieurement.

« L’an dernier, on a mis en place un comité sur la pénurie de main-d’œuvre et on a travaillé avec les directions d’établissement pour trouver des stratégies pour attirer de nouveaux enseignants. Il en est ressorti que les gens dans les écoles trouvaient qu’il n’y avait pas beaucoup d’accompagnement. On s’est donc dit qu’on allait travailler en amont pour les outiller davantage avant qu’ils n’arrivent dans nos écoles », dit-elle.


«  On essaie d’être plus créatif, de pousser la note le plus possible. [...] On va pédaler un peu plus en août, mais on va s’organiser pour qu’il y ait quelqu’un dans chaque classe.  »
Lucie Plouffe, directrice des ressources humaines de la CSPO

Depuis janvier, sur un total de 424 postulants, une soixantaine de personnes formées ailleurs qu’au Québec ont proposé leur candidature à la CSPO, indique-t-on.

Affirmant qu’on avait anticipé cette pénurie depuis déjà quelques années, Mme Plouffe est confiante, mais admet que la CSPO n’a pas une mince tâche devant elle.

« On essaie d’être plus créatif, de pousser la note le plus possible. Une quinzaine de postes, ça semble beaucoup, mais ce n’est pas tant que ça. On va pédaler un peu plus en août, mais on va s’organiser pour qu’il y ait quelqu’un dans chaque classe. C’est notre mission et on n’y dérogera pas », indique-t-elle.

Participant déjà bon an mal an à plusieurs salons d’emploi dans la région, la CSPO affirme qu’elle songe même à aller recruter des enseignants à Sudbury, dans le Nord-Est ontarien. 

Là-bas, l’Université Laurentienne y forme par exemple des étudiants en français.

L’embauche d’enseignants de la France est aussi étudiée.

« On regarde quelles sont nos possibilités. Il y a des programmes qui existent au niveau fédéral, notamment un qui est intéressant et qui permet de raccourcir le temps nécessaire à l’obtention d’un permis de travail temporaire pour les jeunes professionnels de 35 ans et moins », de dire Lucie Plouffe.

À la Commission scolaire des Draveurs (CSD), où une séance d’information pour les enseignants souhaitant se qualifier au Québec a déjà été offerte, on affirme que tous les postes sont pourvus en prévision de la prochaine rentrée scolaire.

Du côté ontarien, le Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario (CEPEO) affirme qu’il est présentement en période de déploiement de sa dotation et qu’il est donc impossible pour l’instant de savoir combien de postes sont à combler.

Le Conseil des écoles catholiques du Centre-Est (CECCE) soutient pour sa part que la majorité des 79 postes réguliers d’enseignants qui avaient été affichés en vue de la rentrée dans six semaines ont été pourvus.