Les autobus scolaires risquent de se faire rares en Outaouais alors qu’une grève générale des chauffeurs est prévue pour le 30 avril.

En grève à moins d’un déblocage

À moins d’un inattendu virage à 180 degrés dans les prochains jours, plus de 6500 écoliers élèves des commissions scolaires des Draveurs (CSD) et des Portages-de-l’Outaouais (CSPO) seront privés de transport scolaire dès le 30 avril.

Qualifiant de « ridicules » les dernières offres patronales d’Autobus Campeau, le syndicat des Teamsters a annoncé mardi que la centaine de chauffeurs d’autobus de l’entreprise dans la région déclencheront une grève générale illimitée, un mandat pour lequel ils avaient voté en faveur dans une proportion de 99 % à la fin mars.

La rencontre entre les deux parties prévue mardi a été annulée par l’employeur, soutient le syndicat, qui indique qu’une réunion de la dernière chance est pour l’instant à l’agenda le 24 avril.

Le directeur des affaires publiques de Teamsters Canada, Christopher Monette, affirme qu’il y a encore une mince lueur d’espoir, mais que l’employeur et le syndicat sont loin d’être sur la même longueur d’onde.

« On essaie très fort de négocier pour dénouer l’impasse et avoir une entente qui a de l’allure, toutefois les offres qui sont proposées aux chauffeurs sont inacceptables. On demande donc l’appui des parents. Quand des travailleurs qui gagnent si peu sont prêts à aller en grève générale, ça démontre à quel point ils ont le dos au mur et sont en colère. Ils veulent que les choses changent et la grève durera aussi longtemps qu’elle le devra », martèle-t-il.

Comme ailleurs en province, où d’autres chauffeurs d’autobus brandissent la menace d’un débrayage dès lundi prochain, la question de la rémunération est au cœur du litige.

Autobus Campeau propose des hausses salariales d’environ 1 % par an, alors que le syndicat demande des augmentations qui « au minimum permettent de compenser le coût de la vie ». L’indice des prix à la consommation s’est accru de 1,6 % l’an dernier.

Les Teamsters dénoncent aussi une mesure que souhaite mettre de l’avant la partie patronale et qui, dit-on, aurait pour effet de priver les chauffeurs d’une somme de 1200 $ par année. L’employeur souhaiterait retrancher un supplément monétaire versé aux travailleurs pour le temps de préparation et l’inspection des autobus avant le départ sur les routes. Il s’agit pourtant d’un avantage négocié dans la dernière convention collective, dit le syndicat.

« On fait face à un employeur qui tente activement d’appauvrir des employés qui gagnent déjà peu, entre 20 000 et 25 000 $ par an. Nous avons plusieurs négociations et Autobus Campeau est probablement le pire acteur du milieu, car il tente d’en enlever encore plus aux travailleurs. Ça ne s’est pas vu même dans les négociations impliquant d’autres syndicats. C’est particulier », de dire M. Monette.

Les chauffeurs d’autobus concernés sont sans contrat de travail depuis le 31 août 2017.

Le syndicat prétend que plus de 5000 écoliers seraient affectés par une possible grève, mais selon les données fournies par les commissions scolaires, ce nombre est plutôt d’environ 6700.

À la CSD, près de 4800 élèves pourraient être privés de transport scolaire, alors qu’on parle de 1900 élèves du côté de la CSPO.

Le Droit n’a pas été en mesure de s’entretenir avec un représentant de l’entreprise Autobus Campeau.

Le président de la CSD, Claude Beaulieu, dit avoir confiance que les autobus ne resteront pas garés dans moins de deux semaines.

« Ils ont jusqu’au 30 avril pour s’entendre. Ce ne serait pas avantageux d’un côté comme de l’autre qu’ils ne réussissent pas à le faire. [...] Mais s’il y a une grève, on va analyser les alternatives possibles, par exemple d’allonger les heures des services de garde pour aider les parents, qui se retrouveront pris en otage », a-t-il commenté.