Les élèves pourront continuer à poser leurs questions sur les sujets retirés du programme d’éducation sexuelle.

Éducation sexuelle: garder l’esprit ouvert

Le choix du gouvernement progressiste-conservateur de revenir au programme d’éducation sexuelle de 1998 n’empêchera pas les élèves d’avoir accès à de l’information sur un éventail de sujets, assurent les conseils scolaires francophones de la région.

Du côté du Conseil des écoles publiques de l’est de l’Ontario (CEPEO) la nouvelle directive ne vient pas changer les valeurs du conseil, soit l’inclusion, la diversité et la promotion d’un environnement sécuritaire et accueillant pour tous les élèves.

« Ce qui est différent c’est le contenu dans les cours de santé du curriculum d’éducation physique, mais ça n’enlève pas toutes les autres stratégies en place dans nos écoles pour s’assurer que nos valeurs demeurent en place », explique Matthieu Vachon, surintendant de l’éducation au CEPEO.

Ces stratégies comprennent les activités proposées par le personnel du service de bien-être et de sécurité, comme les ateliers, les clubs de la diversité et les journées thématiques qui se déroulent dans chacune des écoles du conseil.

Le Conseil des écoles catholiques du Centre-Est (CECCE) reconnaît qu’il est de sa responsabilité d’assurer un milieu d’apprentissage sécuritaire et inclusif. « Les enseignants pourront donc miser sur d’autres contextes d’apprentissage pour aborder des thèmes qui font l’objet de réalités actuelles touchant la vie des élèves, et pour lesquels l’école a un devoir d’agir », a indiqué par écrit Danielle Chatelain, surintendante de l’éducation au CECCE.

« 10 % de différence »
La directive dans les deux conseils scolaires est de suivre la demande du ministère et d’enseigner le curriculum de 1998, qui a été révisé en 2010.

Les changements touchent les élèves de la 1re à la 8e année. L’ancien programme d’éducation sexuelle ne traite pas de sujets comme les relations entre personnes de même sexe, l’identité de genre, l’intimidation en ligne et le sextage.

« On parle d’environ 10 % de différence entre les deux curriculums. Il y a certaines choses qui sont regardées dans une optique un peu différente, mais beaucoup des thèmes sont quand même repris à l’intérieur du curriculum de 2010 », tempère M. Vachon.

En début de semaine, la Fédération des enseignants de l’élémentaire de l’Ontario (FEEO) a déposé une demande d’injonction contre l’annulation du nouveau programme d’éducation sexuelle. L’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), qui représente quelque 10 500 membres, évalue présentement ses options.

« Nous sommes à évaluer les possibilités de soit être intervenant ou autre. Chaque syndicat agit pour ses propres membres et ses propres besoins. En ce moment, on se rallie au fait que ce n’est pas correct, mais il faut voir si on met nos énergies dans une injonction ou dans nos relations avec le gouvernement pour voir si on peut trouver un terrain d’entente », explique Rémi Sabourin, président de l’AEFO.

M. Sabourin encourage ses membres à respecter les consignes de leur employeur, « mais ils ne doivent pas s’empêcher de répondre à aucune question ».

Le gouvernement provincial doit mener une consultation au cours des prochains mois.