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Plus de 45 000 élèves sont touchés par la fermeture temporaire des écoles sur le territoire de Gatineau et de la MRC des Collines-de-l'Outaouais.
Plus de 45 000 élèves sont touchés par la fermeture temporaire des écoles sur le territoire de Gatineau et de la MRC des Collines-de-l'Outaouais.

Écoles fermées en Outaouais: «On fait les 180 degrés nécessaires» [VIDÉO]

Daniel LeBlanc
Daniel LeBlanc
Le Droit
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Si la rapidité de l'annonce de Québec a laissé peu de marge de manoeuvre avec le congé pascal qui débute vendredi, «toutes les situations avaient été envisagées» dans les protocoles d'urgence de la centaine d'écoles de l'Outaouais forcées de fermer leurs portes jusqu'au 12 avril. Les autorités scolaires assurent que même si on bascule vers le mode virtuel, les élèves ne seront pas laissés à eux-mêmes. 

La directrice générale du Centre de services scolaire des Draveurs (CSSD), Manon Dufour, admet qu'avec le portrait d'ensemble de la région et les cas qui se multipliaient à vitesse de l'éclair à certains endroits, la décision gouvernementale ne s'est pas avérée une grande surprise en soi. 

«On l'a appris hier, par contre il faut comprendre qu'on voyait bien l'augmentation des cas des dernières semaines, mais aussi de la dernière semaine. Si ce n'est des cas confirmés (de COVID-19), il y avait aussi quand même aussi une augmentation au niveau de l'absentéisme des élèves, qui étaient en attente d'un diagnostic ou de celui de quelqu'un de leur famille. Il y avait une augmentation qui laissait entrevoir qu'il était possible que des moyens supplémentaires doivent être appliqués», dit-elle.

Plus de 45 000 élèves sont touchés par la fermeture temporaire des écoles sur le territoire de Gatineau et de la MRC des Collines-de-l'Outaouais. Si tous les établissements du CSSD et du Centre de services scolaire des Portages-de-l'Outaouais (CSSPO) ainsi que trois grands collèges privés sont touchés, le centre de services scolaire au Coeur-des-Vallées (CSSCV) est quant à lui en partie épargné (4500 élèves touchés sur 6400), tout comme la Commission scolaire Western Québec (CSWQ).

Répétant que rien ne va jamais remplacer la présence en salle de classe avec l'écoute des questions de ses camarades de classe, Mme Dufour affirme qu'il s'agit d'une situation exceptionnelle et que tout est fait pour amoindrir les impacts sur le plan académique. Les écoles ont acquis de l'expérience avec le mode virtuel depuis un an, rappelle-t-elle, que ce soit au printemps dernier, durant les Fêtes ou encore chaque fois qu'un groupe doit être fermé parce qu'un cas positif est détecté. 

La directrice générale du Centre de services scolaire des Draveurs, Manon Dufour

«Toutes ces situations-là ont été envisagées au printemps dernier, faut se le rappeler, quand on a fait notre protocole d'urgence en cas de fermeture d'une classe, d'un centre de services ou autre. On avait envisagé tous les éléments et on l'a refait encore en août en fonction des nouveaux éléments qu'on avait. On continue d'adapter ça. On a mis des choses en place. [...] Quand on a vécu la fermeture en décembre et janvier, les enseignants ont été en mesure de donner du travail, d'avoir des contacts quotidiens avec les élèves, de s'assurer que l'apprentissage continue d'être fait. C'est sûr qu'on revient aux enseignements des apprentissages essentiels et on laisse de côté les éléments d'approfondissements des programmes, c'est clair pour moi», explique la gestionnaire. 

Dans le cas du CSSD, où la clientèle s'élève à 18 000 élèves, elle spécifie que tous les écoliers du secondaire ont un appareil Chromebook et que de nombreux outils techno-pédagogiques ont été ajoutés pour les enfants du primaire. On a aussi procédé à l'embauche de conseillers pédagogiques et de techniciens en informatique qui sont prêts à intervenir au besoin.

«Dans les plans d'urgence, les équipes-écoles ont déjà établi ce qu'elles étaient pour donner en terme de services nécessaires pour l'apprentissage des élèves. Ça peut varier évidemment selon le matériel utilisé en classe, le niveau, le type de difficulté d'un élève, etc. Il n'y a pas une seule consigne. Moi, je n'ai jamais cru à l'égalité, mais plutôt à l'équité. Dans ce sens-là, il faut que les choses soient adaptées selon les besoins», note Manon Dufour.

Depuis le début de l'année scolaire, plus de 700 cas de COVID-19 ont été recensés dans les écoles publiques francophones de l'Outaouais, mais du nombre, environ 200 ont été signalés depuis la mi-mars.

Sachant que c'est particulièrement l'ouest de Gatineau qui était touché par une flambée cas en milieu scolaire depuis quelques semaines et qu'aucun établissement n'était fermé ou touché par une forte éclosion sur son territoire, croit-elle que l'ensemble des écoles paie le prix pour une situation

«Je n'ai pas d'avis en ce sens où jamais je ne vais me substituer aux autorités de la santé publique pour dire si c'est une bonne idée ou pas de fermer un regroupement, un territoire, etc. Je ne peux pas me prononcer, je n'ai pas la compétence pour le faire. Ma compétence, c'est l'administration scolaire, c'est de répondre aux besoins, à la demande qui est faite d'avoir une intensification des mesures», répond-t-elle.

Les directions d'établissement affirmaient ces derniers jours que le taux d'absentéisme était «incroyable», ajoute-t-elle néanmoins.

«Nous n'étions pas dans cette situation-là, puis une fois que j'ai dit cela, peut-être que je le serai dans cinq minutes. Quand le téléphone sonne, des fois, c'est très rapide. Il peut y avoir deux ou trois appels pour la même école, et quand on ne peut pas identifier d'autres sources par l'enquête de la santé publique, c'est clair qu'il faut fermer. Je pense que les écoles reflètent la population, s'il y a de plus en plus de cas dans la population dans l'île de Hull actuellement (par exemple), il va y en avoir plus dans les écoles aussi. Les mesures qu'on applique sont les mêmes partout», relate Mme Dufour.


« Je souhaite que tous ceux qui peuvent être vaccinés le soient le plus rapidement possible. Pour moi, c'est clair. Que ce soit le personnel des écoles, le personnel d'un magasin, je le souhaite. »
Manon Dufour

Impossible de savoir avec certitude si la réouverture aura lieu le 12 avril comme prévu et si une autre fermeture surviendra par la suite, mais cette dernière ne cache pas que de jouer au yo-yo n'est pas l'idéal. 

«C'est clair que d'ouvrir et fermer a des impacts. Que ce soit toutes les écoles ferment pour une semaine ou quand on ferme une classe, c'est de l'adaptation pour les parents et pour le personnel mais c'est une situation exceptionnelle que l'on vit. Si c'était notre quotidien, ça n'aurait aucun sens mais dans les circonstances actuelles, et avec la montée des variants, je comprends que ce sont des choses qui arrivent. Comme toute la population en général, on comprend, on s'ajuste, on fait les 180 degrés nécessaires et après on continue d'avancer. Les vaccins sont là, j'ai espoir que cette pandémie-là va se terminer. La fin est là, mis en attendant il se peut qu'il y ait encore de revirements et on va y faire face», lance la directrice générale.

Alors que de plus en plus de voix s'élèvent pour que la vaccination soit accélérée et vise personnel scolaire, Manon Dufour n'ose pas se prononcer.

«Ma réponse est toujours la même. Je souhaite que tous ceux qui peuvent être vaccinés le soient le plus rapidement possible. Pour moi, c'est clair. Que ce soit le personnel des écoles, le personnel d'un magasin, je le souhaite. Mais la priorisation, je n'ai pas les compétences pour dire qui doit être vacciné avant. [...] Mais c'est clair que j'ai hâte que tout le monde soit vacciné, qu'on puisse revenir dans nos écoles à une situation normale», déclare-t-elle.

Optimiste, Manon Dufour dit avoir espoir que la rentrée scolaire de septembre puisse être la plus normale possible, même si «on n'a pas de boule de cristal avec ce virus».