L'école secondaire de l'Île
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Données sur les cas de COVID-19 dans les écoles: confusion en Outaouais

Daniel LeBlanc
Daniel LeBlanc
Le Droit
C'était la confusion la plus totale mardi à la fois dans des centres de services scolaires de l'Outaouais, à la Direction de la Santé publique et chez certains parents ou membres du personnel alors que le ministère de la Santé indique, possiblement par erreur, que des cas de COVID-19 auraient été répertoriés dans une dizaine d'écoles de la région.

Sur la liste des écoles «ayant au moins un cas rapporté de la COVID-19 depuis le 1er septembre», Québec énumère un total de neuf établissements de l'Outaouais, soit les écoles primaires Le Petit-Prince, de Touraine, des Trois-Saisons, de la Colline, Euclide-Lanthier, des Tournesols, Internationale du Village et aux Quatre-Vents, en plus de l'école secondaire de l'Île. 

Selon ces statistiques qui n'ont toujours pas été officiellement validées, on compterait environ 120 cas dans des écoles de la province et l'Outaouais serait la seconde région où on dénombre le plus de cas 

L'école primaire Le Petit-Prince fait partie des établissements qui se retrouvent sur la liste publiée par le ministère de la Santé et qui est la source de confusion.

Les centres de services scolaires visés par ces informations estiment que ces nouvelles données ne semblent pas concorder avec la réalité.

«Le Centre de services scolaire des Draveurs (CSSD) tient à préciser qu’un seul cas de COVID-19 a été confirmé par la santé publique, soit à l’école Sainte-Élisabeth, la semaine dernière. À l’heure actuelle, aucun autre cas n’est confirmé sur notre territoire. Les chiffres figurant dans ces trois listes semblent ne pas concorder. Le centre de services scolaire est en communication avec le ministre de l’Éducation et la santé publique pour obtenir des précisions», a écrit le porte-parole Mathieu Daoust.

L'un des immeubles de l'école des Trois-Saisons, dans les secteur Gatineau.

Un cas confirmé à l'école secondaire de l'Île

Même son de cloche du côté du Centre de services scolaire des Portages-de-l'Outaouais (CSSPO), qui parle d'une «liste erronée» et affirme que seuls trois cas ont été confirmés depuis une semaine dans ses établissements.

Il s'agit de ceux aux écoles du Dôme et des Tournesols (immeuble Petite-Ourse), où un membre du personnel est affecté, de même qu'un nouveau cas à l'école secondaire de l'Île, lequel a été confirmé par la Direction de la santé publique mardi. Un élève de l'endroit est atteint du virus. 

«Les élèves qui ont été en contact étroit avec la personne atteinte doivent être retirés de l’école. Les autres élèves et l’ensemble des membres du personnel peuvent continuer à fréquenter l’école en raison du faible risque de contamination établi par la Santé publique», note le CSSPO.

Pour ajouter à la confusion, les écoles du Dôme et Sainte-Élisabeth sont d'ailleurs les seules à se retrouver sur une autre liste (des écoles ayant potentiellement au moins un cas de COVID-19 – en cours de validation), alors que dans la tableau intitulé «Nombre de cas rapportés de la COVID-19 par région et centre de services scolaire», on mentionne que l'Outaouais a cumulé 30 cas depuis la rentrée scolaire, dont 20 dans les écoles du CSSD. 

Du côté du Centre de services scolaire au Coeur-des-Vallées (CSSCV), le porte-parole Jasmin Bellavance précise que l'organisation est «perplexe» puisque le cas à l'école aux Quatre-Vents, dans le secteur Masson-Angers, a été signalé le 25 août et non depuis la rentrée. À ce moment-là, les classes n'avaient pas débuté et seuls quelques dizaines d'enfants fréquentaient le service de garde, alors que le personnel enseignant était tout juste de retour au boulot. Toutes les personnes concernées avaient été avertis.

L'immeuble de la Petite-Ourse de l'école des Tournesols, dans le secteur Aylmer.

Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO) a fourni peu d'explications outre le fait que «la santé publique travaille en collaboration avec les centres de services scolaires afin de valider les données mises en ligne ce matin sur les cas confirmés dans les écoles» et que ces données «ne semblent pas corroborer avec les chiffres réels». 

«Nous travaillons actuellement à rectifier la situation», a dit l'organisation par écrit.

En fin d'après-midi mardi, les autorités de la santé publique n'avaient toujours pas fourni davantage d'explications.

«On doit s'expliquer», dit un syndicat

Le Syndicat de l'enseignement de l'Outaouais (SEO) affirme avoir reçu de nombreux appels de membres qui s'interrogent sur cette ambiguïté. 

«Les profs veulent savoir qui ne transmet pas la bonne information, car ça créé de l'inquiétude qui n'est pas nécessaire pour le moment. Les données qui nous été fournies ne sont pas les mêmes que celles du ministère, alors il y a beaucoup de questions. L'information véhiculée est différente d'un endroit à l'autre. Il semble y avoir un lien qui ne se fait pas, mais à quel endroit ça ne se fait pas? Difficile de l'établir. On a communiqué avec la Fédération (automne de l'enseignement) pour qu'elle questionne le ministère de la Santé. S'il y a erreur, il faut que ce soit corrigé mais aussi qu'on explique ce qui est arrivé», lance la présidente Suzanne Tremblay.