Plusieurs parents d'élèves de quatrième et cinquième secondaire de l'école Mont-Bleu pointent du doigt le CSSPO et jugent que d'autres options auraient pu être étudiées et mises de l'avant avant d'opter pour l'enseignement à la maison à mi-temps pour leurs enfants.
Plusieurs parents d'élèves de quatrième et cinquième secondaire de l'école Mont-Bleu pointent du doigt le CSSPO et jugent que d'autres options auraient pu être étudiées et mises de l'avant avant d'opter pour l'enseignement à la maison à mi-temps pour leurs enfants.

Des parents tapent du pied à Mont-Bleu

Daniel LeBlanc
Daniel LeBlanc
Le Droit
«En temps de crise, les Chinois sont capables de construire un hôpital en 10 jours, alors on doit être capables de trouver 10 locaux de classe en deux mois au Québec».

Plusieurs parents d'élèves de quatrième et cinquième secondaire de l'école Mont-Bleu, dont Nicolas Pedneault, pointent du doigt le CSSPO et jugent que d'autres options auraient pu être étudiées et mises de l'avant avant d'opter pour l'enseignement à la maison à mi-temps pour leurs enfants.

La majorité d'entre eux, qui digèrent toujours bien mal d'avoir été informés du scénario retenu pour la rentrée scolaire au début juillet, tout juste avant les vacances et la fermeture du centre administratif du centre de services scolaire, comptent bien se faire entendre jusqu'à la fin août dans la but d'infléchir la décision. Le groupe Facebook qu'ils ont créé compte une soixantaine de membres. 

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«Je n'apprécie pas qu'on ait lancé la serviette très tôt dans l'été, surtout considérant le fait que les élèves de Mont-Bleu ont eu leur part d'événements malheureux et que le Centre Asticou est plus ou moins adapté à leurs besoins. Ma fille a quand même bien réussi malgré le confinement, mais quand je lui parle de tout ça, elle n'a vraiment pas trouvé ça plaisant. Pour son cercle social, tout se passait en ligne, ça valait ce que ça valait. Et la motivation pour étudier n'était pas toujours là, alors il fallait pousser un peu plus. Ce ne sont pas des conditions optimales pour passer à travers le secondaire», s'exclame le père.

Une plainte a été formulée au Protecteur de l'élève, mais celle-ci ne pourra être traitée qu'ultérieurement. Des lettres ont aussi été envoyées à plusieurs élus dont le ministre de l'Éducation Jean-François Roberge et au ministre responsable de l'Outaouais, Mathieu Lacombe, dans l'espoir de renverser la vapeur.

«Si le 3 juillet on nous avait annoncé qu'en ce moment on manque de places pour un retour à temps plein des secondaires 4 et 5 mais qu'on fait tout en notre possible pour trouver des locaux, ça aurait déjà été mieux que de nous mettre devant le fait accompli. [...] Les classes modulaires, on nous dit qu'il n'y en a plus, mais j'ose espérer que des entrepreneurs de la région pourraient en construire dans un délai raisonnable. Même si on nous disait que ce serait prêt en octobre, ce serait déjà un pas dans la bonne direction», lance M. Pedneault.

À son avis, l'enseignement à distance qui se poursuivrait pour les mois à venir pourrait avoir des conséquences néfastes.

«Qu'on m'entende bien, je ne veut pas qu'on trouve une solution au détriment d'autres écoles. Mais la situation socio-démographique de Mont-Bleu est particulière. dans la clientèle, il y a beaucoup de gens moins fortunés ou issus de l'immigration, pour qui en partant le parcours scolaire peut s'avérer plus difficile. Alors en tenant compte de la situation, la voie vers le décrochage pourrait être encore plus attrayante», dit-il. 


« Un peu comme lors de la tornade, j'en ai appris plus par le biais des médias qu'en recevant des communications de l'école. »
Mélanie Provost

«Dans le néant»

Mère d'une fille de 15 ans qui s'apprête à entamer la quatrième secondaire, Mélanie Provost déplore de son côté le mutisme du CSSPO dans les dernières semaines.

«Un peu comme lors de la tornade, j'en ai appris plus par le biais des médias qu'en recevant des communications de l'école. On est un peu dans le néant, en attente de réponses de leur part. Je ne pense pas qu'on nous cache des choses, mais je crois qu'on ne nous dit pas tout. En tant que parent, on aimerait avoir toutes les informations en main, pas uniquement celles qui font notre affaire. On n'a pas le goût de le savoir à la rentrée en septembre», déplore-t-elle.

La Gatinoise dont la fille a trouvé les derniers mois de l'année scolaire 2019-2020 très ardus à la maison aurait aussi souhaité qu'on consulte davantage les élèves, qui, au final, seront les premiers à subir les effets de ce plan de match. 

«Les enfants sont résilients, ils vont passer au travers et réussir, mais à un moment donné, leur aura-t-on parlé à ces jeunes-là? Plusieurs vivent mal avec l'idée de se retrouver physiquement à l'école seulement une semaine sur deux. Disons que Mont-Bleu a un mauvais sort, on pourrait donner une pause aux enfants. Ma fille n'arrête pas de me dire qu'elle aimerait ça avoir une année scolaire normale dans sa vie. Je comprends qu'il y a toute la question de la COVID-19, mais l'école une semaine sur deux, ce n'est pas l'idée du siècle», explique Mme Provost.