L’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens n’ose pas dire que les négociations avec le gouvernement Ford vont bon train. On se limite à dire «qu’elles avancent».

Des négociations «assez difficiles» du côté des enseignants francophones de l'Ontario

Si les votes de grève se multiplient depuis quelques jours pour les syndicats d’enseignants anglophones d’un bout à l’autre de l’Ontario, l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO) n’emboîte pas encore le pas.

Le président du syndicat qui représente plus de 11 000 enseignants répartis dans 470 écoles, Rémi Sabourin, explique que comme l’AEFO est la dernière organisation à avoir déposé son avis de négociation, en août dernier, les pourparlers sont à un stade moins avancé avec le gouvernement Ford et le Conseil des associations d’employeurs.

« On a franchi les premières étapes, on s’est entendu sur les sujets qui seraient discutés aux deux tables de négociation. Est-ce que les discussions vont bon train ? Je ne sais pas si j’ai le goût d’utiliser ce mot-là, mais je dirais qu’elles avancent, parce qu’on commence à voir ce que le gouvernement et les conseils scolaires recherchent comme retranchements. Je vous dirais que c’est quand même assez difficile, surtout avec le climat politique qui entoure ça. Le projet de loi 124 (qui vise à plafonner les augmentations salariales à 1 % dans le secteur public en Ontario) met une épée de Damoclès au-dessus des négociations. On voit un gouvernement qui essaie de s’ingérer dans nos droits constitutionnels », lance-t-il.

L’AEFO a pour l’instant à son agenda trois autres blocs de rencontres de négociation à Toronto d’ici Noël.

M. Sabourin affirme que malgré les récentes annonces du gouvernement provincial, les coupes dans le système de l’éducation annoncées en mars dernier « sont toujours sur la table », tout comme la hausse du nombre d’élèves par classe. Les troupes de M. Ford n’ont pas encore « reculé officiellement », dit-il.

« Tout ça aura des conséquences néfastes dans le système, surtout du côté francophone. On n’a pas toute la panoplie de cours qu’on pourrait offrir, la pression devient de plus en plus forte sur les élèves. Dans certaines régions, la survie même des écoles francophones pourrait être atteinte par ces coupures-là. Mais on essaie de trouver des solutions. La table de négociations, c’est l’endroit pour ça. On tente d’apporter des choses qui vont faire avancer les discussions et le débat, même si les choses n’avancent peut-être pas aussi vite qu’on l’espérait », dit-il.

Rémi Sabourin précise que l’Ontario se tirera dans le pied avec des compressions « draconiennes », vantant le système d’éducation ontarien comme l’un des meilleurs au monde. Il ajoute que pour chaque dollar investi, les retombées sont de 1,30 $.

Quant à savoir si l’AEFO risque elle aussi de voter pour un mandat de grève, M. Sabourin préfère ne pas trop s’avancer pour l’instant.

« Lors de chaque rencontre, on se rapproche de plus en plus d’une décision qu’on aura à prendre, mais c’est difficile de dire quand ça aura lieu. Je dirais plus tôt que tard, mais tôt ne veut pas dire la semaine prochaine », lance-t-il.

La convention collective des membres de l’AEFO est échue depuis le 31 août dernier.

Lundi, le ministre de l’Éducation Stephen Lecce a tendu la main aux syndicats en leur demandant de participer à une médiation.

« J’invite tous nos partenaires à accepter cette offre, afin que nous puissions, ensemble, conclure des ententes et ne pas perturber l’année scolaire de nos enfants », a-t-il dit.