Comme leurs collègues de 800 écoles de l’Ontario, les étudiants et étudiantes de l’école secondaire De La Salle ont manifesté devant leur institution, jeudi.

Des milliers d’étudiants ontariens manifestent contre la réforme en éducation

Des milliers d’élèves de près de 800 écoles des quatre coins de l’Ontario ont quitté leurs salles de classe, jeudi, pour participer à une grande mobilisation d’une heure contre la réforme de l’éducation du gouvernement Ford.

Les organisateurs du débrayage se disent opposés à plusieurs politiques mises en place par les progressistes-conservateurs, notamment l’augmentation de la taille des classes ainsi que les compressions au Régime d’aide financière aux étudiants de l’Ontario.

L’organisatrice du rassemblement à l’école secondaire publique De La Salle à Ottawa, Dorian Fournier, affirme qu’elle ne s’attendait pas à voir autant de ses camarades de classe faire l’école buissonnière. «Je ne m’attendais pas à ce qu’autant d’élèves participent, je suis absolument ravie d’avoir autant de soutien pour cette cause.»

À ses yeux, il était nécessaire pour les élèves de faire entendre leur voix. «On ne va pas juste rester là, passifs, à accepter tous ces changements et ces coupures. C’est notre éducation, nous avons droit à une bonne éducation.»

Selon elle, le gouvernement n’aurait pas tenu compte de la réalité des élèves en allant de l’avant avec la réforme. «Ça fait longtemps qu’ils ne sont pas allés à l’école secondaire. Ils ne savent pas ce dont on a besoin. Ils ne peuvent pas faire ces changements sans nous consulter.»

Mme Fournier explique que plusieurs points de cette réforme, particulièrement l’obligation de prendre des cours en ligne et la hausse de la taille moyenne des classes, sont des irritants majeurs autant pour les élèves que les professeurs. 

«Les cours en ligne ne fonctionnent pas pour beaucoup d’élèves, surtout ceux qui vivent en milieu rural et qui n’ont pas accès à l’Internet haute vitesse ou à des ordinateurs en tout temps. Les classes vont aussi passer de 22 à 28 élèves en moyenne et il y aura une diminution de 5800 professeurs à travers la province. Il y a aussi des coupures dans le programme qui nous aide à payer les études postsecondaires. Avec ces coupures, on va avoir beaucoup de difficulté à se payer des études postsecondaires sans avoir des dettes massives.»

Si le premier ministre Ford ne fait pas volte-face, Mme Fournier ne serait pas surprise que «d’autres mouvements aient lieu dans les prochains mois».

Dans l’Est ontarien

À une centaine de kilomètres de la capitale, une cinquantaine d’élèves de l’école secondaire publique L’Héritage, à Cornwall, étaient également rassemblés devant leur école, armés de pancartes et de porte-voix pour dénoncer cette réforme.

«Oui, les coupes, ça peut sauver de l’argent au gouvernement, mais tu ne devrais jamais couper en éducation, a indiqué le premier ministre du gouvernement des élèves de L’Héritage, Patrick Mondoux. L’éducation, c’est ce qui crée les citoyens de demain, alors couper dans l’éducation, ça n’a pas de sens.»

Fabienne Lafrance, étudiante à la 11e année, s’est indignée d’apprendre que la ministre de l’Éducation, Lisa Thompson, avait recommandé un nombre d’élèves plus élevé dans les classes. 

«À cause de ça, les professeurs ne pourront plus donner autant d’appui individuel aux élèves, et les élèves vont avoir beaucoup plus de difficulté en classe.»

Bien qu’il ne se soit pas prononcé sur la nature de la manifestation, le directeur de l’école, Marc Hurtubise, a fait savoir que ce débrayage est un moyen pour ses élèves de devenir des citoyens responsables. «Ça fait partie d’être un citoyen responsable, d’aller voter, d’être engagé, donc ça, ça montre un engagement. Et s’ils veulent le faire, on essaie de les encourager de le faire de façon pacifique et responsable.»

Des élèves de l’école secondaire catholique de Casselman avaient invité Le Droit à assister à leur débrayage, mais le Conseil scolaire de district catholique de l’Est de l’Ontario n’autorise pas l’accès aux médias à ses sites scolaires durant les heures de classe, «afin d’assurer la sécurité des élèves».

Rejoint par téléphone, Tristan Racine, un élève de l’école secondaire catholique de Casselman, a fait savoir que près de 200 élèves étaient sortis des classes pour manifester leur désarroi face aux décisions du gouvernement Ford. 

« Le message que je voulais passer, c’est de faire comprendre qu’on n’est pas d’accord avec les coupes, que l’éducation c’est très important, et que nous aussi, ça nous dérange, ce qui se passe au sein du gouvernement. »

Avec La Presse canadienne