Rémi Sabourin, président de l’AEFO, soutient que pour freiner la pénurie d’enseignants francophones en Ontario, il faudra plus de fonds publics.

Des fonds pour freiner la pénurie d’enseignants francophones

L’Association des enseignantes et enseignants franco-ontariens (AEFO) compte profiter du programme fédéral visant à freiner la pénurie d’enseignants francophones. Une situation à l’échelle pancanadienne qui n’épargne pas l’Ontario.

« On espère pouvoir faire une demande sous peu pour avoir des fonds, soutient Rémi Sabourin, président de l’AEFO. Il y a encore beaucoup à faire, mais c’est un pas dans la bonne direction. »

La pénurie d’enseignants francophones est une réalité à laquelle n’échappe pas l’Ontario depuis plus de cinq ans. Pour trouver des solutions, il importe de comprendre les causes, estime M. Sabourin.

La ministre du Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie, Mélanie Joly, a activé le processus d’appel de projet s’inscrivant dans le Plan d’action pour les langues officielles en début de semaine.

Une enveloppe de 62,6 millions de dollars sur quatre ans permettra d’appuyer le recrutement et le maintien en poste d’enseignants dans les écoles francophones en situation minoritaire, ainsi que les programmes d’immersion. La somme sera divisée à parts égales entre les deux volets.

L’argent du fédéral permettra à l’organisation de soumettre un projet en partenariat avec plusieurs acteurs du milieu. Le président de l’AEFO confie qu’il ne peut pas donner les détails, mais explique que ce projet se concentrerait sur les questions de recrutement et de rétention.

Il rappelle que 26 % des membres de l’Ordre des enseignants quittent la profession dans leurs cinq premières années.

« On a là un bassin de gens qui sont passionnés par l’enseignement. Ils ont fait des études qui peuvent aller jusqu’à six ans, mais après cinq ans 26 % de ces gens ne renouvellent pas leur carte de l’Ordre. C’est important de savoir qui ils sont, de comprendre leur décision », explique M. Sabourin.

La revalorisation de la profession fait partie des pistes de solution, selon lui.

« Vingt-six pour cent, c’est énorme. Ça touche beaucoup les conditions de travail, les tâches et la valorisation de la profession. Il y a une raison pourquoi ces gens ne renouvellent pas après cinq ans », ajoute-t-il.

M. Sabourin s’inquiète aussi de la diminution du nombre d’inscriptions à la formation d’enseignement, rappelant qu’entre 2009 et 2018 les demandes d’admission ont chuté de 62 %.