Une semaine après la réouverture de ses 25 écoles primaires, la Commission scolaire des Portages-de-l'Outaouais (CSPO) affirme que si la clientèle continue d'augmenter, elle pourrait être forcée d'appliquer un décret gouvernemental en affectant exceptionnellement des enseignants du secondaire à des classes du primaire.
Une semaine après la réouverture de ses 25 écoles primaires, la Commission scolaire des Portages-de-l'Outaouais (CSPO) affirme que si la clientèle continue d'augmenter, elle pourrait être forcée d'appliquer un décret gouvernemental en affectant exceptionnellement des enseignants du secondaire à des classes du primaire.

Des enseignants du secondaire bientôt appelés en renfort à la CSPO?

Une semaine après la réouverture de ses 25 écoles primaires, la Commission scolaire des Portages-de-l'Outaouais (CSPO) affirme que si la clientèle continue d'augmenter, elle pourrait être forcée d'appliquer un décret gouvernemental en affectant exceptionnellement des enseignants du secondaire à des classes du primaire.

C'est que l'imposition d'un nombre d'élèves maximal par classe pour respecter la distanciation sociale jumelée aux nombreuses réaffectations ou absences pourrait éventuellement avoir comme conséquence qu'il y aura un manque d'enseignants dans les écoles primaires. 

«On commence à regarder nos listes (de personnel) du secondaire. On approche l'application du décret, nous sommes rendus à y penser. Si la situation demeure stable, on va y arriver, sauf que si le nombre d'élèves continue de hausser, il va falloir qu'on aille se chercher des bras de plus. Si d'autres gens sont retirés des écoles, ça pourrait aussi venir changer la donne. On peut être corrects aujourd'hui et avoir un problème le lendemain si quatre enseignants sont retirés du travail, même pour 48 heures», a indiqué au Droit la directrice générale Nadine Peterson. 

Cette semaine, 4426 écoliers fréquentent les écoles primaires de la CSPO, soit un taux de fréquentation de 36%.

Il a été impossible d'obtenir les informations spécifiques aux enseignants, mais pour l'ensemble du personnel de la CSPO, 131 demandes de réaffectation avaient été acceptées sur les 440 reçues par l'employeur en date de la fin de la semaine dernière. Au total, 17 d'entre elles concernaient des employés âgés de 70 ans et plus.

Si on en vient à avoir recours à une telle procédure, la CSPO indique qu'elle procédera d'abord sur la base du volontariat. Or, après un premier récent appel à tous, très peu de gens ont montré un intérêt. S'il fallait qu'on en vienne à ce scénario et qu'il y a un manque de volontaires, la direction pourrait alors procéder par ordre d'ancienneté inversée.

Nadine Peterson, directrice générale de la CSPO

«Il y a eu très peu de volontaires, mais c'était un appel général, alors les gens se sentaient peut-être moins interpellés. Quand ce sera plus précis comme demande, je pense qu'on en aura davantage qui vont lever la main», de dire Mme Peterson.

Toutes les options doivent être étudiées, dit le syndicat

Le Syndicat de l'enseignement de l'Outaouais (SEO) soutient être au fait de la situation à la suite de discussions avec l'employeur et précise ne pas s'opposer à cette éventualité, mais affirme que le possible redéploiement d'enseignants du secondaire dans les écoles primaires doit être l'option au bas de la liste. 

«On a demandé que ça se fasse sur une base volontaire, mais ceci dit, on nous a informés que pour différentes raisons, on manque de volontaires. C'est ce que l'on sait à l'heure actuelle. On a aussi établi avec eux une liste de gens à qui on devait faire appel avant d'en arriver aux enseignants du secondaire, par exemple les suppléants, car les profs (du secondaire) ont aussi du travail à réaliser auprès des élèves, comme le suivi et la consolidation des apprentissages, même s'ils ne sont pas sur le terrain physiquement. Ça amène de nombreuses questions, car nécessairement, il y aura des élèves qui perdront un prof au secondaire. Comment va-t-on les remplacer? Il y également énormément de formation qui se donne au niveau du secondaire, car avec l'apprentissage à distance, les enseignants doivent s'approprier de nouveaux outils», note la présidente Suzanne Tremblay.

Elle ajoute que dans certains cas, puisque le baccalauréat diffère et comme la réalité est bien différente dans les deux milieux scolaires, certains enseignants du secondaire sont moins à l'aise avec l'enseignement au primaire et vice-versa. 

À la Commission scolaire au Coeur-des-Vallées (CSCV), deux enseignants du secondaire sont assignés temporairement à des classes d'écoles primaires, indique-t-on, tandis qu'une telle procédure n'a pour l'instant pas eu à être déployée du côté de la Commission scolaire des Draveurs (CSD).

Sur les 68 demandes de réaffectation acceptées à la CSCV sur un total de 193, près de la moitié (32) concernaient des enseignants. 

Quant à la CSD, elle a reçu environ 200 demandes, mais le nombre d'entre elles ayant été acceptées n'a pas été précisé.