Selon les auteurs du texte, le rôle des enseignants est d’accompagner les jeunes dans cette lutte contre les changements climatiques.

Des enseignants appuient le mouvement de grève pour le climat

MONTRÉAL - Plus de 900 enseignants québécois ont signé une pétition en appui aux journées de grève pour le climat que prévoient observer de nombreux étudiants dans l’ensemble de la province, le 15 mars et le 27 septembre.

«On sent qu’il y a une urgence d’agir, et comme prof, je sentais un malaise à continuer comme si de rien était», a expliqué en entrevue l’instigatrice de la pétition, Violaine Brisebois-Lavoie.

Dans le manifeste du groupe appelé les «Profs pour la Planète», les enseignants soulignent qu’ils ont «accepté trop longtemps» de parler du «développement durable», ce qui suppose selon eux que la «situation est sous contrôle et prise au sérieux par les gouvernements du monde».

Par cette pétition, ils affirment ne plus vouloir être les «instruments d’une propagande rassurante».

«Les profs, quand on continue d’enseigner nos matières comme avant, alors que pourtant, on le sent bien qu’il y a une urgence d’agir, de faire changer les choses, on sent qu’on ne fait pas exactement ce qu’on veut», a expliqué Mme Brisebois-Lavoie, une enseignante en psychologie au Collège de Bois-de-Boulogne.

«Faisant ça, on instrumentalise cette pensée-là qu’on a encore le temps, que c’est pas pressant et qu’on peut continuer de faire comme avant.»

Selon les auteurs du texte, le rôle des enseignants est d’accompagner les jeunes dans cette lutte contre les changements climatiques.

Ils encouragent ainsi les enseignants de tous les niveaux, ainsi que les employés de tous les établissements scolaires, à soutenir les grèves étudiantes, «jusqu’à l’obtention des changements profonds qui s’imposent».

«On va essayer de soutenir les étudiants du mieux qu’on peut, de se servir aussi de nos connaissances et de nos savoir-faire pour les encourager, parce que je pense que bien souvent, c’est par la jeunesse que les grands changements passent», a ajouté Mme Brisebois-Lavoie.

Le manifeste a été rédigé également par les enseignants Vanessa Gordon, Sari Sikilä, Maude Ménard-Dunn, Rafaëlle Sinave et Mathieu Chabot.

Pour l’instant, deux journées de grève sont prévues le 15 mars et le 27 septembre. Le collectif d’étudiants a rapidement trouvé des partisans à l’Université de Montréal, à l’UQAM, à l’École de technologie supérieure, à l’Université Concordia, à l’Université McGill, à l’Université du Québec à Chicoutimi, à l’Université Laval, au Cégep Montmorency, au Cégep Lionel-Groulx, au Cégep Saint-Laurent, au Collège de Montréal et ailleurs.

Le collectif demande notamment au gouvernement d’instaurer un programme d’éducation à l’écologie et de sensibilisation à la crise climatique en partenariat avec de jeunes citoyens.

Il revendique ensuite l’adoption d’une «loi climatique» forçant l’atteinte des cibles pour limiter le réchauffement planétaire à 1,5 degré Celsius.