Nathalie Brunet et sa fille de 11 ans, Pamela

Des enfants du primaire forcés de marcher sur la route 148

Des parents du secteur Masson-Angers montent aux barricades pour dénoncer la nouvelle politique de transport de la Commission scolaire au Coeur-des-Vallées (CSCV) qui oblige leurs enfants à marcher le long de la route 148 sur une distance de plusieurs centaines de mètres. Une partie importante du tronçon qu'ils doivent emprunter ne contient aucun trottoir et la circulation y est fortement achalandée en début et en fin de journée.
Nathalie Brunet est mère de trois enfants, dont une fillette qui fréquente la cinquième année à l'école primaire du Sacré-Coeur, à Masson-Angers. La maman a eu toute une surprise la semaine dernière lorsqu'elle a ouvert son courrier et qu'elle a pris connaissance d'une missive envoyée par la CSCV dans laquelle on pouvait lire que sa fille Pamela n'était pas admissible au transport scolaire.
Selon la politique de la CSCV, les élèves de 3e, 4e, 5e et 6e années du primaire qui habitent à une distance de 1,6 kilomètre et moins de l'établissement scolaire sont dans l'obligation de marcher pour se rendre à l'école. La maison des Brunet se trouve au-delà de cette marge, sur la rue Condé.
La situation est identique pour Guylaine Briand, dont le fils Vincent (11 ans) n'est plus autorisé à prendre l'autobus depuis cette année. Il était pourtant admissible par le passé. Le domicile des Briand se trouve à 1,4 kilomètre de l'école du Sacré-Coeur.
Les deux mères déplorent toutefois la situation et craignent pour la sécurité de leur progéniture. D'ailleurs, elles se relaient pour aller reconduire et chercher les enfants. Elles ont beau se plaindre à la CSCV, c'est le jeu du chat et de la souris, clament-elles.
«Le bureau des transports nous a référé au commissaire de notre quartier. On a essayé d'appeler le commissaire, mais il n'est plus en poste. On nous dit qu'il y aura des élections le 2 novembre. Mais nous, on fait quoi d'ici le 2 novembre?» demande Mme Briand.
Plusieurs voitures se stationnent sur l'accotement sur le trajet proposé, ce qui force les piétons à contourner celles-ci. La situation risque d'être encore plus dangereuse à l'hiver, note Mme Brunet.
«D'après la lettre de la commission scolaire, on nous dit que c'est sans danger. Je ne sais pas où ils prennent leurs statistiques et leurs données, mais la 148, c'est comme une autoroute. Les gens roulent vite ici», peste-t-elle.
La CSCV n'avait toujours pas retourné notre demande d'entrevue, hier en fin d'après-midi.
129 constats d'infraction
Le conseiller du secteur Masson-Angers et ancien commissaire scolaire, Marc Carrière, qualifie pour sa part la décision de la CSCV de «mauvaise» dans ce dossier. Le tronçon entre les rues Du Caire et Kamouraska, qui doit être emprunté par les élèves concernés, ne fait pas partie de la carte des corridors de sécurité de la Ville de Gatineau.
Entre le 1er janvier et le 4 septembre 2014, 129 constats d'infraction liés à la vitesse ont d'ailleurs été remis à des automobilistes dans cette zone. Des patrouilleurs sont régulièrement postés à cet endroit en raison de la problématique de vitesse excessive, rappelle le conseiller.
«La commission scolaire fait une erreur. C'est une mauvaise décision administrative. C'est une zone de 50 km/h où la limite n'est pas respectée et c'est une route numérotée sans trottoir. J'invite les parents à poursuivre leurs démarches», a-t-il commenté.
«Des élèves peuvent être transportés pour fin de sécurité même s'ils demeurent à l'intérieur de la distance de marche reconnue à l'article 6.2.a. Pour avoir droit au transport, ces élèves doivent demeurer ou avoir à circuler sur une route provinciale numérotée et sans trottoir, dont la vitesse permise excède 50 km/h. Dans le cas actuel, la vitesse n'excédant pas 50 km/h, l'élève est considéré marcheur», peut-on lire dans la décision de la CSCV.
Bsabourin@ledroit.com