Des élèves internationaux au CEPEO

Le Conseil des écoles publiques de l'Est de l'Ontario (CEPEO) entreprendra en septembre un virage international francophone important, a appris LeDroit.
Dès la rentrée, une vingtaine d'élèves de la 9e à la 12e année, provenant de pays étrangers, poursuivront leurs études dans des écoles secondaires publiques de la vallée d'Ottawa.
« Il s'agit d'une première pour les francophones de l'Ontario, affirme fièrement Édith Dumont, directrice de l'éducation du CEPEO. C'est un moment extrêmement excitant dans notre histoire. Il s'agit d'un tournant majeur pour notre conseil. »
Ainsi, des Brésiliens, Colombiens, Mexicains, Allemands et Chinois ont déjà confirmé leur présence derrière les bancs d'écoles ontariennes.
Pour répondre à ce nouveau défi, le CEPEO a créé le poste de « délégué aux relations internationales et au recrutement d'étudiants internationaux ». Jean-Marc Emery assurera l'encadrement des nouveaux venus et fera notamment le pont avec les familles internationales, mais aussi avec les familles d'accueil locales.
Vers une entente bilatérale
Ce tournant majeur fait suite à une demande des institutions académiques étrangères, insiste Mme Dumont.
« Le système éducatif de l'Ontario est très reconnu à travers le monde pour sa qualité académique. Voilà déjà quelques années que nous étions sollicités, même au sein de notre conseil. Nos propres élèves nous demandaient de vivre des expériences à l'extérieur de la salle de classe, dans d'autres pays, tout en cumulant des crédits. »
Pour l'heure, le CEPEO sera plutôt une terre d'accueil. Mais déjà, les dirigeants de l'organisme préparent le terrain pour permettre aux élèves franco-ontariens, voire à des enseignants, d'étudier ou d'enseigner outre-mer. À cet effet, une entente bilatérale doit être annoncée prochainement, a laissé glisser Mme Dumont. « Nous annoncerons quelque chose de majeur en octobre », a-t-elle promis.
La directrice de l'éducation ajoute que cet afflux de nouveaux élèves internationaux ne se limite pas à une visite éclair au pays.
« S'ils viennent étudier au secondaire, c'est qu'il y a un intérêt pour poursuivre leurs études postsecondaires au Canada. »
Déjà, le CEPEO dit avoir approché l'Université d'Ottawa pour permettre une transition en douceur. La Cité et l'Université Saint-Paul sont aussi dans leur mire. « Ce sera à nous de développer ce système de passerelle pour assurer la passation adéquate à ces institutions postsecondaires. Il faut rappeler que notre volet international ne se limite pas qu'à l'accueil d'élèves du monde, mais aussi au développement de partenariats », évoque Mme Dumont.
Si l'accueil d'élèves étrangers est une pratique commune dans les conseils publics anglophones de la province depuis 10, 15 ou même 20 ans, leurs homologues francophones ont tardé à emboîter le pas. Le projet du CEPEO germe toutefois depuis deux ans. Il deviendra aussi en septembre le premier conseil francophone de la province à mettre en oeuvre une telle expérience d'apprentissage. D'autres conseils scolaires francophones ontariens pourraient s'activer, croit M. Dumont.
« L'école traditionnelle est en train de prendre un essor différent. C'est tout notre système qui est en transformation. »