Le choix des mots du ministre Lacombe dans un message publié dans un journal de son comté a causé un certain malaise dans les commissions scolaires de l’Outaouais.

Des commissions scolaires déplorent une erreur du ministre Mathieu Lacombe

Des commissions scolaires de l’Outaouais se disent indignées par un impair commis par le ministre responsable de l’Outaouais, Mathieu Lacombe, qui a insinué que le projet de loi 40 sur la transformation des commissions scolaires avait été adopté.

Dans un message des Fêtes publié le 4 décembre dernier dans le journal Les 2 vallées, le ministre Lacombe brosse un bilan du travail réalisé par le gouvernement caquiste dans le comté de Papineau au cours des derniers mois. 

Dans le message initial, on pouvait lire : « Comme promis, à Québec, nous avons notamment adopté notre projet de loi sur la transformation des commissions scolaires ». Depuis, le message a été corrigé alors que le mot « adopté » a été remplacé par « déposé ».

Le ministre s’est ensuite excusé publiquement sur Twitter expliquant qu’il s’agissait d’une erreur de bonne foi commise par un employé de son bureau de comté.

La Commission scolaire des Hauts-Bois-de-l’Outaouais (CSHBO) a publié mardi une lettre ouverte affirmant qu’elle accepte « très mal » les excuses du député de Papineau.

« Je trouve que c’est un manque de respect envers ceux qui sont présents et qui travaillent fort pour démontrer que c’est important de garder les commissions scolaires », indique la présidente de la CSHBO, Diane Nault en entrevue avec Le Droit.

Mme Nault affirme tout de même qu’elle comprend que l’erreur est humaine, mais que le message aurait dû être révisé par le ministre lui-même avant sa publication.

« On sait que ce genre de publications sont écrites à l’avance, ça arrive qu’on écrive des choses qui ne sont plus à jour et on est forcé de les modifier. M. Lacombe ne l’a pas fait. Il a lancé des excuses sur Twitter, mentionnant qu’un de ses employés a fait l’erreur, mais on ne peut pas blâmer quelqu’un d’autre quand on signe quelque chose. »

Même son de cloche du côté de la Commission scolaire des Draveurs (CSD). 

« On comprend que l’erreur est humaine, mais on s’attend d’un ministre qu’il relise ses messages à la population », souligne le président de la CSD, Claude Beaulieu.

« Il y a beaucoup d’éléments contradictoires là-dedans. On dirait que le ministère de l’Éducation, ainsi que les autres députés, ne nous écoutent pas. Même si on leur donne des faits vérifiés, on a l’impression de parler dans le vide. C’est énorme et personne n’a eu le temps de revoir toutes les conséquences en détail », soutient M. Beaulieu au sujet du projet de loi de 312 articles qui modifiera un total de 80 lois.

Des excuses à l’Assemblée nationale

Lorsque rejoint par Le Droit mardi, le ministre Lacombe a pris le temps de souligner qu’il s’est « levé au Salon bleu de l’Assemblée nationale le 6 décembre pour prendre l’entière responsabilité de cette erreur ». 

Il a ensuite été blanchi par le président de l’Assemblée nationale.

« Il est évident que Mme Nault tente de faire des gains politiques sur le dos d’une erreur de bonne foi, a confié le ministre. Clairement, l’objectif de la présidente de la Commission scolaire des Hauts-Bois-de-l’Outaouais est de s’attaquer au projet de loi 40 qui, rappelons-le, est appuyé par la majorité de la population. Je trouve donc dommage qu’elle ait cette attitude questionnable sur un incident qui est clos depuis deux semaines maintenant. »