«On sait  que les bulles-classes éclatent aussitôt que les élèves sortent de leurs locaux», déplore la présidente du Syndicat de l’enseignement de l’Outaouais, Suzanne Tremblay.
«On sait  que les bulles-classes éclatent aussitôt que les élèves sortent de leurs locaux», déplore la présidente du Syndicat de l’enseignement de l’Outaouais, Suzanne Tremblay.

Dépistage de la COVID-19: la FAE se tourne vers le tribunal

Daniel LeBlanc
Daniel LeBlanc
Le Droit
La Presse Canadienne
La Fédération autonome de l’enseignement (FAE), qui représente près de 49 000 enseignants dont ceux oeuvrant dans les trois plus grands centres de services scolaires de l’Outaouais, s’adressera dans les prochains jours à la Cour supérieure du Québec pour que le gouvernement provincial mette en place un mécanisme de dépistage accéléré et efficace de la COVID-19 dans le réseau scolaire.

L’organisation, à laquelle est entre autres affilié le Syndicat de l’enseignement de l’Outaouais (SEO), explique qu’elle n’a pas encore obtenu la preuve qu’un tel mécanisme existe malgré la promesse qui lui a été faite le 10 août dernier par le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé.

Le syndicat souhaite aussi obtenir du gouvernement qu’il fournisse tous les documents relatifs au plan sanitaire qui s’applique dans le réseau scolaire, notamment les données en lien avec les cas d’infection.


« Où se situent les enseignants dans l’échelle de priorités en ce moment? On ne le sait pas. »
Suzanne Tremblay

«Ce qu’on demande, c’est un processus efficace de dépistage. Ça permettrait que lorsqu’un prof est retiré d’une école, on puisse le tester rapidement et avoir des résultats tout aussi rapidement. Où se situent les enseignants dans l’échelle de priorités en ce moment? On ne le sait pas. Jusqu’à présent, on n’a eu aucune information, les demandes sont restées lettre morte», déplore la présidente du SEO, Suzanne Tremblay, qui ajoute que les ministres Dubé et Roberge (Éducation) avaient pourtant fait «le pari de la transparence» en août lors de l’annonce du plan actualisé de la rentrée scolaire.

Elle renchérit en affirmant qu’un mécanisme de dépistage plus efficace va aussi de soi pour le bien des élèves puisque «la liste de suppléants est complètement vide» et que les enseignants doivent pouvoir revenir en classe dans les plus brefs délais.

Mme Tremblay soutient que les enseignants ont aussi le droit de savoir sur quels éléments et analyses le gouvernement s’est basé pour élaborer son plan sanitaire en vigueur dans les écoles.

La présidente du Syndicat de l’enseignement de l’Outaouais, Suzanne Tremblay

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«Or, toutes les demandes effectuées jusqu’à maintenant demeurent sans réponse ou on nous envoie des documents presque entièrement caviardés, illisibles. Le ministre fait plein d’annonces mais ne justifie jamais», dénonce-t-elle.

Trois jours à peine après la rentrée scolaire, quelques cas de COVID-19 ont déjà été dépistés dans des écoles de la région.

«On sait que la distanciation physique est loin d’être respectée, c’est difficile à la fois pour le personnel et les élèves. On sait aussi que les bulles-classes éclatent aussitôt que les élèves sortent de leurs locaux. [...] Le virus est toujours présent dans la population, nous ne sommes pas à l’abri qu’il se retrouve en milieu scolaire. Ça va même plus rapidement (le nombre de cas) que l’on aurait cru dans les écoles. C’est pour cette raison qu’il est important que toutes les mesures prévues par la CNESST soient mises en place, en plus d’autres mécanismes», lance-t-elle.

Le recours juridique est donc de mise afin d’obtenir des réponses aux questions légitimes des syndiqués, selon le président de la FAE, Sylvain Mallette.

Le SEO représente quelque 6000 enseignants des centres de services scolaires des Draveurs, des Portages-de-l’Outaouais et au Coeur-des-Vallées.