L'action de lundi, devant les bureaux d’Hélène David, s'inscrit dans un effort de mobilisation beaucoup plus grand, qu'est la campagne "Nos profs méritent mieux, nos stagiaires aussi".

Déguisés en médecins, les futurs enseignants demandent du financement

Une centaine d’étudiants en enseignement à travers le réseau universitaire québécois se sont réunis devant les bureaux de la ministre de l’Enseignement supérieur, Hélène David, lundi matin. Ils y ont tenu une action «symbolique» pour revendiquer la compensation financière de leur stage final.

Armés de sarraus blancs, pour la plupart déguisés en médecins, les dizaines d’étudiants sont arrivés devant les bureaux de la ministre en fin d’avant-midi, un peu avant 10h. Ils avaient un objectif précis en tête : faire une comparaison entre le financement accordé aux médecins et le leur, pratiquement nul pour le moment. 

«Seuls les médecins semblent attirer l’attention du gouvernement libéral», a dit la Campagne de revendications et d’actions interuniversitaires pour les étudiants en enseignement en stages (CRAIES), dans un communiqué de presse transmis aux médias lundi matin.

«À l’approche du budget, on apprend que les médecins spécialistes reçoivent une hausse salariale de 2 milliards $. C’est assez d’argent pour compenser les stagiaires enseignants pendant 100 ans. Alors on se pose la question : faut-il se déguiser en médecin pour être entendu par le gouvernement?» indique pour sa part le porte-parole de la campagne, Antoine Côté. 

Demandes précises

Depuis maintenant quatre ans, la CRAIES revendique l’obtention d’une compensation financière des stages de prise en charge totale des étudiants en enseignement. 

L’organisme demande concrètement à ce que ses membres aient accès à un montant de 576 $ par semaine. Cela représente, selon les calculs du groupe, un investissement de 20,3 millions $ par année du gouvernement.

«Ça correspond à environ 0,1 % du budget en éducation», ajoute le porte-parole de la CRAIES.

L’action de lundi, devant les bureaux de Mme David, s’inscrit dans un effort de mobilisation beaucoup plus grand, qu’est celui de la campagne Nos profs méritent mieux, nos stagiaires aussi, qui se déroule un peu partout au Québec actuellement. 

«Les stagiaires en enseignement, en plus d’assumer toutes les tâches d’un enseignant à temps plein, ils doivent répondre à de multiples obligations universitaires, conclut l’organisme. La lourdeur des exigences rend impossible le travail à temps partiel, et la précarité financière devient pour nous un passage obligé.»