Tant à l’Université d’Ottawa qu’à l’Université du Québec en Outaouais, on déploie beaucoup d’efforts pour combattre le décrochage scolaire.

Décrochage universitaire: des efforts dans la bonne direction

Pour que les chiffres de rétention d’étudiants se maintiennent ou s’améliorent, il faut beaucoup d’efforts, selon la registraire de l’Université d’Ottawa, Sonia Cadieux.

«On est fiers de nos taux, mais est-ce que ça peut être mieux?», lance Mme Cadieux. 

Elle souligne être en constante réflexion pour faciliter l’intégration des nouveaux étudiants et éliminer le sentiment de découragement.

Par exemple, un nouveau programme a été lancé en juin permettant aux étudiants de ne pas être pénalisés pour une intégration difficile en première année.

«C’est le programme de la relance académique, affirme Sonia Cadieux. Quand on voit qu’un étudiant, sa première année a été difficile et qu’après, il s’est repris en main [...], soit dans la même ou dans une autre discipline, on est en mesure, tout en gardant les notes sur son relevé, de les enlever de sa moyenne et lui permettre de recommencer avec une moyenne qui reflète mieux ses résultats récents.»

Pour la registraire de l’Université d’Ottawa, la première année en est une de transition. 

Pour accompagner ces nouveaux étudiants, elle croit à l’approche à l’appui par les pairs, soit l’encadrement pas des élèves plus expérimentés.

«Les étudiants vont souvent se sentir plus à l’aise s’ils sont appuyés par un étudiant plutôt que par un professionnel.»

L’Université d’Ottawa embauche des mentors dans les résidences et dans chaque faculté. 

Le programme un peu distinctif est celui du mentorat régional. 

Avant même la demande d’admission, les futurs étudiants sont accompagnés par un mentor originaire de leur région.

«Pour simplifier ce que c’est: on prend quelqu’un qui vient de leur région, qui les comprend, qui est en mesure de partager son expérience à l’université et leur dire où sont les ressources, où ils peuvent aller chercher de l’aide, pendant toute leur première année. Quand ils vont se sentir à l’aise, quand ils se sentent chez eux à l’Université d’Ottawa, comme ils se sentaient chez eux à Windsor, à Edmundston ou à Timmins, et bien on les laisse aller et ils vont être en mesure de poursuivre leur propre cheminement.»

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ENCADREMENT PARTICULIÈREMENT IMPORTANT À L'UQO

« Si [l’UQO] se trouve dans la moyenne, c’est clair que les efforts de la communauté jouent un rôle important », affirme la présidente du Syndicat des professeures et professeurs de l’Université du Québec en Outaouais (SPUQO), Stéphanie Demers.

Le rôle institutionnel dans le réseau des Universités du Québec (UQ) en matière d’encadrement des étudiants est particulièrement grand et difficile, en comparaison avec les autres établissements d’enseignement supérieur, souligne Mme Demers. 

« L’Université du Québec en Outaouais (UQO), comme toutes les UQ, accueille beaucoup d’étudiants de première génération, soutient Stéphanie Demers. En fin de compte, ça nous engage de façon différente auprès de ces étudiantes et de ces étudiants, puisqu’il faut s’assurer que l’accueil et leur intégration dans le milieu universitaire soient bien soutenus. Ils n’ont personne à la maison pour les guider et leur dire à quoi s’attendre. »

Pour favoriser davantage la poursuite du parcours universitaire de ses étudiants, l’UQO doit se concentrer sur la consolidation de son offre de cours, selon la présidente du SPUQO.

« Pour aller s’engager dans une université, il faut que l’offre de programmes soit attrayante, dit Stéphanie Demers. On a vécu une longue période d’austérité budgétaire à l’UQO. On croit qu’on dispose maintenant de tout ce qu’il faut pour vraiment consacrer des sommes importantes à la mission universitaire et à l’enseignement, donc à nos programmes. »

De son côté, le professeur du département des sciences de l’éducation, Jérôme St-Amand, croit que certains de ses collègues – à l’UQO et dans d’autres universitaires – doivent être plus attentifs à la réalité de leurs étudiants et aux difficultés personnelles qu’ils peuvent rencontrer.

« Je dis à mes étudiants qui sont en stage, notamment, si vous avez de la difficulté, ne restez pas dans votre coin à pleurer en petite boule. Venez me voir, on va en discuter, raconte M. St-Amand. Des fois, on pense qu’on enseigne à des adultes. On a tendance parfois à escamoter cette partie. Il y a une conscientisation à y avoir chez certains professeurs pour qu’ils développent cette écoute active et cette empathie. »