L’arrivée d’un CCTT au Cégep de l’Outaouais ajoutera une corde à l’arc de cybersécurité qui se bâtit dans la région.

De la recherche en cybersécurité au Cégep

La troisième fois fut la bonne. Après avoir essuyé deux refus de Québec, le Cégep de l’Outaouais vient d’obtenir le feu vert pour la mise sur pied d’un centre collégial de transfert de technologie (CCTT), qui viendra accroître l’expertise régionale en cybersécurité.

Le Cégep de l’Outaouais tentait depuis des années d’obtenir son CCTT, un modèle déjà bien présent partout ailleurs en province. Après des tentatives infructueuses pour l’obtention d’un CCTT en intelligence territoriale, le Cégep de l’Outaouais peut maintenant crier victoire.

La ministre de l’Enseignement supérieur, Hélène David, a annoncé mardi la création de dix nouveaux CCTT, qui s’ajouteront aux 49 déjà en place aux quatre coins de la province.

Au Cégep de l’Outaouais, on confirme que c’est grâce à la cybersécurité que l’établissement pourra se greffer à ce regroupement de laboratoires collégiaux de recherche reconnus et subventionnés par le gouvernement.

La ministre David a fait savoir que les nouveaux CCTT obtiendront 150 000 $ par année pour leurs trois premières années d’existence, après quoi le financement annuel grimpera à 200 000 $. Le premier centre de la sorte de la région sera hébergé dans le nouvel immeuble où s’installera un incubateur d’entreprises.

Professeur en génie de l’électronique programmable au Cégep de l’Outaouais, François Perron a indiqué que le CCTT évoluera en différents volets.

« Il y a de la recherche qui se fait pour la transférer dans les entreprises, explique-t-il. Ensuite, dans le volet information, les experts du CCTT peuvent faire des conférences dans la population, les professeurs du cégep peuvent obtenir de la formation et les étudiants peuvent faire des stages dans un CCTT. Et il y a aussi la partie de l’accompagnement qu’on peut offrir aux entreprises. »

L’arrivée d’un tel centre au Cégep de l’Outaouais ajoutera une corde à l’arc de cybersécurité qui se bâtit dans la région. En mai dernier, Québec avait annoncé l’octroi d’une aide financière de 747 500 $ à l’organisme sans but lucratif In-Sec-M Sécurité, recherche et innovation pour la création d’un centre d’excellence qui s’installera au pavillon Alexandre-Taché de l’Université du Québec en Outaouais (UQO). Le président d’In-Sec-M, l’homme d’affaires gatinois Antoine Normand, s’est d’ailleurs réjoui d’apprendre qu’un CCTT viendra aider la région à se positionner comme un pôle d’expertise en cybersécurité.

« On a mis la grappe d’In-Sec-M à Gatineau principalement parce que le gouvernement fédéral est le plus gros demandeur de services en cybersécurité, rappelle M. Normand. Pour In-Sec-M, le CCTT devient un interlocuteur de plus. Avec l’Université du Québec en Outaouais qui a un poste d’ouvert pour trouver un professeur en cybersécurité, ça fait un écosystème avec de l’académique qui fait de la recherche, une grappe d’entreprises pancanadienne et des établissements qui sont capables de former du monde dans ce domaine-là. »