IBM versera 100 000 $ par année à l’Université d’Ottawa, mais surtout, l’entreprise mettra à sa disposition ses « cerveaux », son expertise et ses laboratoires dans le domaine de la cybersécurité.

Cybersécurité: l’Ud’O s’allie à IBM

Un nouveau partenariat entre l’Université d’Ottawa et le géant IBM vient renforcer la lutte aux pirates informatiques et aux crimes commis sur l’autoroute de l’information.

Cette entente s’inscrit dans la stratégie régionale d’Ottawa-Gatineau de s’inscrire dans l’élite nationale de la cybersécurité.

Pendant au moins cinq ans, IBM versera 100 000 $ par année à l’Université d’Ottawa, mais surtout, l’entreprise mettra à sa disposition ses « cerveaux », son expertise et ses laboratoires.

La proximité du gouvernement fédéral, dit le vice-recteur associé à la recherche, Guy Levesque, rend nécessaire la formation de la « prochaine garde informatique » de l’État.

Le partenariat d’IBM et de l’Université canadienne vise aussi à donner des formations de pointe aux gestionnaires des secteurs privés et publics. « C’est nécessaire pour les professionnels déjà dans le milieu, dit M. Leveque, car ceux qui sont à l’origine des menaces ont souvent un ou deux pas d’avance que leurs vis-à-vis travaillant dans des entreprises légales. »

Ce type de partenariat public-privé peut, par exemple, améliorer les protocoles de vérification d’authenticité des logiciels pour éviter des attaques informatiques.

Il peut aussi s’inscrire au plan légal.

« Le droit, l’éthique et la législation, qui font partie de nos grandes spécialités, dit M. Leveque. Les lois de l’Internet, les risques dans les systèmes électoraux, les failles humaines font aussi partie du développement de la cybersécurité et de la protection des données. »

Pas de concurrence

Pour Guy Levesque, la grappe émergente en cybersécurité dans la région ne concerne pas qu’une seule institution. Il cite l’apport des autres établissements scolaires comme le Collège algonquin ou l’Université du Québec en Outaouais (UQO).

Cet été, Québec a annoncé que l’Outaouais recevrait « une partie importante » des 17 millions $ faisant partie d’un projet visant à renforcer cette même industrie. Un « entremetteur » a reçu la mission de faciliter la création de partenariats, de financer des chaires de recherche industrielles, et des centres de développement en technologie de l’information et des communications du côté québécois.

Il ne faut pas voir dans l’annonce de l’Université d’Ottawa une concurrence déloyale à celle de l’UQO, selon le président de la firme informatique gatinoise In-Sec-M, Antoine Normand. « Ça renforce l’écosystème local en cybersécurité, dit-il. On commence à avoir une masse critique comme celle qu’a Montréal, avec ses Polytechnique, Concordia ou McGill. » Même Guy Levesque vante les mérites de l’autre université ottavienne, Carleton. 

« Tout le monde est en train de se trouver une force dans le domaine. »